Expositions thématiques


Les expositions thématiques font partie intégrante de la programmation du Musée de la Résistance en ligne. Dans ce sens, elles sont cohérentes avec les autres activités du musée virtuel et de ses partenaires. Plusieurs expositions sont actuellement en cours de réalisation :

- Deuxième partie de l’exposition virtuelle « Eysses, une prison en Résistance 1943-1944 » qui comportera les parcours personnels de treize résistants incarcérés à Eysses. Mise en ligne prévue courant 2013.

- Exposition sur l'unification de la Résistance en 1943, qui s'articulera autour de quatre parties : la genèse de l'unification, la création du Conseil National de la Résistance avec Jean Moulin, le CNR sous la présidence de Georges Bidault, les titulaires du CNR de 1943 à la Libération (soit une trentaine de biographies). Cette exposition sera en ligne en mai 2013.

- Exposition sur les Organisations juives de Résistance à partir des traces qu’elles ont laissées. L'exposition s'articulera autour de deux axes : les organisations de la Résistance d’assistance et les organisations de la Résistance armée. Des parcours individuels viendront compléter ces deux approches. Le projet est notamment soutenu financièrement par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Sa mise en ligne est prévue courant 2013.

- Exposition sur le Vercors à partir d’un récit historique et de documents d’archives provenant des partenaires (musées, centres d’archives, associations, particuliers…), en les restituant dans le cadre général du massif (approche géographique) et de la Résistance civile et militaire.Le projet, porté par l'AERI en partenariat avec l'association des Pionniers du Vercors et l'AERD (Association pour l’Élaboration d’un Cédérom sur la Résistance dans la Drôme), est déjà soutenu financièrement par la Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes. L’exposition devrait être en ligne courant 2014.

- Exposition sur les maquis (courant 2013).


© Fondation de la Résistance, département AERI – mai 2012 - tous droits réservés

"Résistants, une génération oubliée"

Série photographique imaginée et réalisée par Sand Arty, auteur-photographe.
Ce projet a débuté en janvier 2011. Grâce à l'aide de l'ONAC et de l'AFMD, l'auteur a pu retrouver quelques résistants, presque centenaires, qui ont contribué à libérer notre pays de l'occupation allemande en 1940-1945.
Ce travail a pour ambition d'immortaliser les visages des derniers témoins d'une page historique qui a bouleversé la France. Il reflète le courage, la ténacité, le patriotisme et l'humanisme des résistants. Rares sont les témoignages représentant ces hommes et ces femmes dans leur cadre de vie actuel et révélant des regards encore empreints d'une grande intensité. 
Tel un message d'espoir, les mettre en lumière, c'est éclairer les générations d'aujourd'hui et celles à venir, sur la capacité de chacun à changer le monde...
Et c'est rendre un dernier hommage à ces héros tant qu'il est encore temps. 

Series of photographs designed and produced by author and photographer Sand Arty. This project premiered in January 2011. Thanks to the aid of ONAC [Office national des anciens combattants] and AFMD [Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation], the author was able to find several former resistants, some close to 100 years old, who contributed to the liberation of our country from the German occupation in 1940-1945. The goal of this work was to immortalize the faces of these last witnesses of a turbulent page of France's history. They reflect the courage, tenacity, patriotism, and humanity of the resistants. Rarely are the stories of these men and women told through their image in their actual living situation, revealing faces marked by such great intensity. This message of hope puts the spotlight on these resistants to show today's generation and future generations that each person has the ability to change the world...and to give a last homage to these heroes while there is still time.


Traduction : Carolyn Burkett

Cheminots en Provence pendant la Seconde Guerre mondiale, un aperçu

Le Comité d’établissement (CE) des cheminots de la région Alpes-Provence-Côte d’Azur a entrepris, en 2009, une recherche sur les « Cheminots morts par faits de guerre en 1939-1945 » dont les noms figurent sur les mémoriaux qui leur sont consacrés. Il m’a demandé de diriger celle-ci qui, en juillet 2012, est arrivée à son terme. Le CE des cheminots, membre de l’Association des Amis du Musée virtuel en Provence-Alpes-Côte d’Azur, a accepté qu’une sélection de documents issus de ce travail soit présentée dans une exposition du Musée virtuel. Qu’il en soit vivement remercié. Cette exposition ne peut offrir qu’un aperçu des résultats multiformes de cette recherche.
Nous avons choisi d’évoquer ici, de manière succincte, d’abord, la mémoire cheminote, avec les principaux monuments et quelques plaques commémoratives, et, ensuite, la Résistance des cheminots. On trouvera une iconographie très fournie et des développements sur d’autres thèmes importants dans l’ouvrage à paraître, en novembre 2012, Cheminots en Provence. Les années de guerre 1939-1945.

Communiquer pour résister (1940-1945)

En lien avec le thème du concours national de la Résistance et de la Déportation 2012-2013, cette exposition virtuelle complète les éléments contenus dans la brochure pédagogique éditée par la Fondation de la Résistance (disponible sur le site www.fondationresistance.org) grâce à une série de documents et de témoignages recueillis par les équipes d'enseignants et de chercheurs ayant travaillé pour l'actuel département AERI de la Fondation de la Résistance dans de nombreux départements.

Découvrez des ressources vidéos complémentaires sur le site de l'USC Shoah Foundation - The Institute for Visual History and Education.
Par ailleurs, nous vous invitons à consulter le lien suivant :
www.archivesdepartementales.cg59.fr/?id=543
(cliquez ensuite sur le lien vers le dossier documentaire).

Eysses, une prison en Résistance (1943-1944)

La centrale d’Eysses à Villeneuve-sur-Lot a profondément marqué la vie et le destin des 1200 hommes, résistants de toutes origines et de toutes opinions qui y ont été emprisonnés en 1943-1944 et y ont mené un extraordinaire combat pour leur dignité et leur liberté. Leur engagement et leur courage, appuyés sur une solide organisation, une solidarité sans faille et une unité profonde, ont permis d’écrire une page unique dans l’histoire de la Résistance française, une page que vous allez découvrir à travers cette visite virtuelle et de très nombreux documents écrits, sonores et vidéos. 

Cette histoire commence en octobre 1943, quand les autorités de Vichy décident de concentrer tous les condamnés politiques de la zone Sud dans cette prison considérée comme plus « sûre ».

La central de Eysses en Villeneuve-sur-Lot marcó muy profundamente la vida así como el destino de los 1 200 hombres, resistentes de todos orígenes y todas opiniones que fueron encarcelados en los años 1943-1944. Allí llevaron a cabo un combate excepcional por su dignidad y libertad. Su compromiso y valentía, que se apoyaron en una organización sólida, una solidaridad sin falla y una unidad profunda, han permitido que se escribiera una página única en la historia de la Resistencia francesa, una página que vais a descubrir a través de vistas panorámicas de la Central así como muy numerosos documentos escritos, audio y video.

Esta historia empezó en octubre de 1943, cuando las autoridades de Vichy decidieron concentrar a todos los condenados políticos de la zona Sur en esta prisión considerada como la más “segura”.


Légende de l'aquarelle présentée ici : Entrée de la centrale d'Eysses, Patrick Pleutin - droits réservés.
Leyenda de la acuarela presentada aquí: entrada de la central de Eysses, Patrick Pleutin - derechos reservados.

 

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>>> Dossier de presse 


(© Fondation de la Résistance, département AERI - décembre 2011 - tous droits réservés)

Gouaches sur des scènes de la Résistance

Doué d'un réel talent de dessinateur, peintre et caricaturiste, Albert Fié, résistant dans la Drôme, a, après la Libération, peint de nombreuses gouaches évoquant des scènes de la Résistance, notamment au sein de la compagnie Pons.
Grâce à la précision du trait, au grand réalisme des scènes représentées, l'artiste nous fait partager ce qu'a été sa Résistance et celle de ses camarades.

Légende de la gouache présentée ici : La compagnie Pons défile le 14 juillet 1944 à Crest, dessin Albert Fié - droits réservés. 


(© Fondation de la Résistance, département AERI - janvier 2011 - tous droits réservés)

Jean Moulin (1899-1943)

Figure emblématique de la Résistance française, Jean Moulin est né le 20 juin 1899, à Béziers. Très jeune, il entreprend une carrière préfectorale et devient, en 1925, le plus jeune sous-préfet de France, à Albertville, puis à Châteaulin. En 1936, il est chef du cabinet du Ministère de l’Air du Front populaire. Un an plus tard, Jean Moulin est nommé préfet d’Aveyron ; une fois de plus, il est le plus jeune Français à assurer ce type de fonctions.

Préfet d’Eure-et-Loir en 1939, il s’efforce de maintenir le calme dans son département lors de l’afflux des réfugiés en mai-juin 1940. En juin 1940, Jean Moulin refuse de signer un document soumis par les Allemands selon laquelle un groupe de tirailleurs sénégalais appartenant à l’armée française aurait commis des crimes graves. Son refus de collaborer l’amène à commettre un acte qui témoigne de son courage et de sa détermination ; il tente de se trancher la gorge. Il échappe à la mort de justesse, puis est révoqué par le gouvernement de Vichy en novembre 1940. C’est à cet instant qu’il fait concrètement ses premiers pas dans la Résistance.

Convaincu de son devoir de lutte contre l’occupant, il se rend à Londres pour rencontrer le général de Gaulle, en 1941. Les deux hommes ne tardent pas s’accorder leur confiance et Jean Moulin se voit confier la lourde tâche d’unifier la Résistance dans le Sud de la France. Après un bref retour à Londres au début de l’année 1943, où il rend son rapport au général De Gaulle, il est chargé de mettre en place le Conseil national de la Résistance (CNR) dont l’objectif est de réunir toutes les organisations (mouvements, partis politiques et syndicats) sous une même entité politique. La première réunion du CNR se déroule le 27 mai 1943, à Paris.

Arrêté à Caluire le 21 juin 1943, Jean Moulin est emprisonné à Lyon et torturé pendant plusieurs jours. Malgré les souffrances abominables qu’il endure, jamais il ne donnera une quelconque information sur le mouvement qu’il a mis en place. Il meurt lors de son transfert en Allemagne, vraisemblablement le 8 juillet 1943. Ses cendres reposent au Panthéon depuis 1964 et son combat héroïque reste à jamais ancré dans l’Histoire.

Réalisée en partenariat avec le Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin (EEPM), cette exposition présente quelques pièces d’archives issues de ses collections et surtout des objets et des médias audiovisuels non présentés dans l’exposition « Redécouvrir Jean Moulin », qui se tient du 17 avril au 29 septembre 2013 au Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin.

Journal Défense de la France

Le premier numéro du journal Défense de la France paraît le 14 juillet 1941. Très rapidement le journal se dote d'infrastructures lui permettant de tirer jusqu'à 450 000 exemplaires dans les deux zones. 
Vous sont présentés ici, les 47 numéros qui vont paraître dans la clandestinité jusqu'en août 1944. 


(© Fondation de la Résistance, département AERI - février 2012 - tous droits réservés)


The first issue of the newspaper "Défense de la France" was published on July 14, 1941. The newspaper very quickly equipped itself with resources that allowed it to print up to 450,000 copies in the two zones. Here you will find the 47 issues of this clandestine paper that were published up to August 1944.


© Fondation de la Résistance, département AERI – February 2012 – all rights reserved.

La Médaille de la Résistance

Le 16 novembre 1940, à Brazzaville, le général de Gaulle créé l’Ordre de la Libération afin de récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront distinguées dans l'œuvre de la libération de la France et de son Empire. Par la création de cet ordre, le général de Gaulle souhaitait honorer ses premiers compagnons de combat.

Début 1943, de nombreux Français étaient entrés dans la lutte contre l’occupant, que ce soit sous l’égide de la France libre ou dans la Résistance intérieure. C’est à ce moment que le général de Gaulle estima devoir instituer la Médaille de la Résistance française pour les récompenser eux aussi de leur engagement dans ce combat libérateur.

La Médaille de la Résistance est donc la seconde et seule autre décoration créée, après l'Ordre de la Libération, par le général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses titulaires, hommes et femmes, sont demeurés en nombre limité, qu’elle ait été attribuée à des personnes de leur vivant ou à titre posthume. Des collectivités territoriales et quelques entités civiles ou militaires en sont également titulaires. Arborée par des célébrités comme par des résistants restés dans l’ombre, la Médaille de la Résistance demeure le symbole d’un combat pour la Liberté.

 

                                 The Medal of the Resistance

General Introduction
On 16 November 1940, in Brazzaville, General de Gaulle established the Medal of Liberation, in order to reward the people or military and civil communities that have contributed to the liberation of France and its Empire. With the establishment of this medal General de Gaulle wanted to honor his early comrades of war.

In the beginning of 1943, many Frenchmen had joined the fight against their occupants, regardless of whether in the free areas of the nation or in the occupied zone. It was at that time that General de Gaulle felt like he had to create a Medal of the French Resistance, in order to reward these resistants for their commitment in the combat of liberation, too.

Hence, the Medal of the Resistance is the second and only other decoration created, after the Medal of Liberation, by General de Gaulle during the Second World War. Although, the medal was not only awarded to living resistants, but also post mortem, the number of honorees was restricted. Local communities and some military or civil units have likewise been awarded with the Medal of Resistance. Having been rewarded not only to famous resistants, but also to unknown background workers, the medal has become the symbol of the combat for liberty.

 

Traduction : Felix Uebel

La photographie et les combats de la Résistance en Ardèche

Toutes les armées disposent de services photographiques, souvent utilisés dans un but de propagande. Il s'agit en effet de minimiser les défaites et d'exagérer les victoires ! Avec le recul nécessaire, les documents photographiques contenus dans les archives militaires constituent cependant des sources précieuses et probantes pour les historiens et les cinéastes.

Les actions de la Résistance intérieure, que ce soit sous leur aspect civil avec les mouvements, ou militaires avec les formations armées de la Résistance (qui n’avaient pas les caractéristiques d’une armée dite "régulière") ne peuvent en aucune façon se comparer puisqu’il s’agissait d’une action clandestine. La clandestinité nécessitait à l’évidence de se méfier comme de la peste de l’existence de photos compromettantes risquant de tomber entre les mains des forces répressives de l’ennemi : Gestapo, police de Vichy, milice, organisme de délation telle la Légion des combattants, etc. 

Un exemple illustre particulièrement la pénurie de documents photographiques relatifs aux actions de Résistance : alors que les actions de sabotage des transports ferroviaires au service de l’ennemi (transport de marchandises, de munitions, de troupes) constituent l'un des plus beaux fleurons à l’actif des formations armées de la Résistance (plus de 250 actions recensées en Ardèche avant le 6 juin 1944 à l’actif des groupes francs de l’Armée Secrète et des groupes de Francs-Tireurs et Partisans dont les maquis), le déraillement d’un train a dû faire l’objet d’une reconstitution (très réussie) pour le célèbre film "La Bataille du rail’’. Les cinéastes ne disposaient d’aucun document photographique évident.

Avec quoi illustrer les actions de la Résistance intérieure ? En ce qui concerne la première de ces actions, qui était de s’exprimer, les archives sont riches en journaux et tracts clandestins, mais les photos n’apparaissent tout d’abord que pour la fabrication de faux papiers. Il s’agit de photos d’identité de personnages ayant modifié leur physionomie par des changements vestimentaires, le port de lunettes ou l’apparition de moustaches… Il ne s’agit pas d’une imprudence mais au contraire d’une précaution effectuée sans risque dans une cabine de photomaton. En faisant abstraction des "réseaux" dont le rôle principal était l’acheminement vers les services de renseignements des armées alliées de documents supposant évidemment la transmission de documents photographiques, les historiens - et singulièrement en Ardèche le comité de rédaction du CD-ROM sur l’histoire de la Résistance en Ardèche (1) et les concepteurs des panneaux présentés dans la salle d’exposition du Musée départemental de la Résistance du Teil - ont pu disposer de quatre sources principales de documents photographiques :

- les photos officielles (Renseignements Généraux, gendarmerie, services de propagande de Vichy) ;

- les photos d’amateurs, prises par hasard ;

- les photos clandestines prises en violation des règles de sécurité recommandées et même "exigées" par les mouvements de Résistance ;

- les photos de qualité, prises pendant la période insurrectionnelle par des photographes professionnels amoureux de leur art.


(1) CD-ROM La Résistance en Ardèche, AERI, 2004.

Le Conseil National de la Résistance (CNR)

Le Conseil national de la Résistance est une institution politique unique dans l'histoire de France, mais aussi dans l'histoire des pays occupés. Organe clandestin représentatif de l'ensemble de la Résistance, il résulte d'un processus d'unification entamé entre les mouvements de Résistance, et de la décision du général de Gaulle de construire l'unité de la Résistance. Créé en mai 1943, son unité s’est maintenu durant l'Occupation et à la Libération. Par l'étendue de sa représentativité et par sa longévité, le CNR tranche avec les unifications inachevées ou brisées que l'on observe dans les autres pays d'Europe.

Le mouvement Libération-Nord

Avec dix camarades cégétistes et chrétiens, Christian Pineau et Robert Lacoste signent un manifeste en réaction à l’interdiction des centrales syndicales, patronales et ouvrières, prélude à la Charte du travail du gouvernement de Vichy qui suspendait toute vie syndicale. Anti-vichyssoise et antinazie, cette organisation prend corps le 1er décembre 1940 avec la parution du premier numéro du journal Libération-Nord, hebdomadaire qui marque le point de départ d’un mouvement qui se structure et s’étend jusqu’à devenir l'un des plus importants de zone Nord. Le journal paraît, sans discontinuer, jusqu’en août 1944.

«Libé-Nord» rassemble des résistants hommes et femmes, socialistes ou apolitiques, syndicalistes, fonctionnaires, imprimeurs, typographes, ouvriers comme universitaires reconnus. A la suite de la mission de Christian Pineau à Londres en février 1942, ce dernier obtient du général de Gaulle une déclaration pour les mouvements de résistance, affirmant son idéal républicain. Sur ordre du chef de la France libre, «Libé-Nord» étend son champ d’action au renseignement politique et militaire avec la mise sur pied des réseaux Phalanx et Cohors, respectivement dirigés par Christian Pineau et Jean Cavaillès. Avec l’évolution de la guerre, une antenne du mouvement est créée au sein de la police, prenant le nom de Police et Patrie en 1943. A la même époque, l’action armée devient prédominante, sous la direction d’officiers de carrière. Membre du Conseil national de la Résistance, créé par Jean Moulin en mai 1943, «Libé-Nord» prend une part active à la libération de Paris ainsi qu’aux opérations engagées en province.

L'exposition présentée ici est complémentaire de celle présentée au Musée du général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin. Pour en savoir plus sur cette dernière, vous pouvez télécharger le dossier de presse et visiter le site qui lui est consacré : Résister sous l'Occupation. Libération-Nord 1940-1944.

La liste des résistants du mouvement Libération-Nord

Les maquis

Le dossier thématique inclu dans le numéro du mois de mars de La Lettre de la Fondation de la Résistance est consacré aux maquis. Cette exposition virtuelle vient compléter cette étude en faisant successivement le point sur : la diversité des maquis, leur organisation, les maquisards et la lutte armée, ainsi que sur la mémoires des maquis.

Elle a été réalisée grâce aux documents d'archives collectés en région par les équipes de l'AERI.

Résister sous l'Occupation, Libération-Nord (1940-1944)

L'exposition virtuelle qui vous est présentée ici est la retransposition la plus fidèle possible de l'exposition présentée au Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin du 28 septembre 2012 au 27 janvier 2013. Cette exposition est également accessible sur un mini-site dédié : http://www.exposition-libe-nord.org.

Cette exposition met en lumière l’un des principaux mouvements de résistance en zone occupée, «Libération-Nord», né à l’automne 1940 à l’initiative de deux syndicalistes. Photographies, interviews de résistants, archives audiovisuelles illustrent cette grande page de lutte contre l’oppression ; on pourra également y découvrir plusieurs centaines d’objets : machines à ronéotyper et à écrire, container de parachutage, crayons-détonateurs, grenade, brassards, bicyclette rappelant le rôle des agents de liaison… ainsi que de rares et émouvants documents rédigés dans la clandestinité : tracts, plans, journaux, pièces d’identité.

Avec dix camarades cégétistes et chrétiens, Christian Pineau et Robert Lacoste signent un manifeste en réaction à l’interdiction des centrales syndicales, patronales et ouvrières, prélude à la Charte du travail du gouvernement de Vichy qui suspendait toute vie syndicale. Anti-vichyssoise et antinazie, cette organisation, prend corps le 1er décembre 1940 avec la parution du premier numéro du journal Libération-Nord, hebdomadaire qui marque le point de départ d’un mouvement qui se structure et s’étend. Le journal paraît, sans discontinuer, jusqu’en août 1944.

«Libé-Nord» rassemble des résistants hommes et femmes, socialistes ou apolitiques, syndicalistes, fonctionnaires, imprimeurs, typographes, de l’ouvrier aux universitaires connus. A la suite de la mission de Christian Pineau à Londres en février 1942, ce dernier obtient du général de Gaulle une déclaration pour les mouvements de résistance, affirmant son idéal républicain. Sur ordre du chef de la France libre, «Libé-Nord» étend son champ d’action au renseignement politique et militaire avec la mise sur pied des réseaux Phalanx et Cohors, respectivement dirigés par Christian Pineau et Jean Cavaillès. Avec l’évolution de la guerre, l’action armée devient prédominante, en 1943, sous la direction d’officiers de carrière. Membre du Conseil de la Résistance créé par Jean Moulin en mai 1943, «Libé-Nord» prend une part active à la libération de Paris ainsi qu’aux opérations engagées en province.

Á travers l’exemple de «Libé-Nord», c’est la vie quotidienne de résistants sous un régime d’oppression et de restrictions qui est appréhendée avec ses difficultés de communication, d’information, son cortège de luttes et d’héroïsme.

 

© Fondation de la Résistance - département AERI - mars 2013 - tous droits réservés

Serge Ravanel : un combat pour l’unité




La Résistance l’a fait naître et ses valeurs l’ont accompagné et porté jusqu’au bout de son chemin. Alpiniste de haut niveau, Serge Ravanel a su, avec ses compagnons de cordée, gravir ses longues et périlleuses années de guerre, sans cesse animé par l’unique désir d’atteindre le sommet de la liberté. Volontaire dans l’ascension de ce défi qu’il a abordé avec foi, ténacité, et dévouement, Serge Ravanel s’est dépassé dans l’adversité sans jamais céder à la difficulté du terrain. Son sens inné de la Patrie l’a conduit, dès le début de la guerre, à raisonner « nous ».
Du jeune polytechnicien mobilisé au résistant, le parcours de Ravanel s’est inlassablement inscrit dans une démarche commune d’agir. Ses qualités humaines l’ont très tôt propulsé premier de cordée. Toujours à l’écoute, il savait, lorsque la situation l’exigeait, se positionner au niveau, voire en dessous de ceux qu’il commandait, afin de puiser en eux les qualités qui lui faisaient défaut.
Son incontestable esprit de cordée l’a accompagné tout au long de ces cinq longues années d’ascension ; il s’est consolidé pour s’inscrire à vie comme un esprit de Résistance et ne l’a jamais quitté. 
Résistant jusqu’à la dernière heure, Serge Ravanel est un très bel exemple de valeurs, d’engagement et de dévouement. Il a cheminé animé par le seul désir « de servir et non pas se servir »*.

(*) Serge Ravanel interviewé par Yves Blondeau, le 9 juin 2006.

Légende de la photographie présentée ici : Serge Ravanel présentant ses condoléances à deux veuves de guerre, le 22 août 1944 à Toulouse - Archives privées Serge Ravanel, don à l'AERI- tous droits réservés.

(© Fondation de la Résistance, département AERI - août 2011 - tous droits réservés)





With France's surrender, the Resistance was born and the values of the movement would carry on until the end of the war. Climbing alongside his compatriots, Serge Ravanel braved the long and perilous years of the war with the sole desire to help his country reach the summit of freedom. A volunteer for the cause as a young man, Ravanel showed great faith, tenacity and dedication. From the start of the war his innate sense of patriotism led him to always think in terms of «we». Even as a young student just joining the Resistance, Ravanel's indefatigable drive was evident. This characteristic and his ability to listen, as well as learn, from those under his command made him a great and important leader. His undeniable talent and spirit throughout the five years of the war mark him as one of the most influential members of the Resistance. A Resistant always, Serge Ravanel is an example of the values and dedication that all the men and women of the Resistance stood for, and he will be remembered for his governing ideal: «To serve all and not oneself. » (1).

(1) Serge Ravanel interviewed by Blondeau 06/09/06.

 

Traduction : Catherine Lazernitz