Veuillez activer votre plugin flash player

Le régime carcéral à Eysses en novembre 1940

Légende :

Expliqué par Robert Courtois. Montage de trois extraits vidéo du documentaire « Eysses, une prison dans la Résistance » (Amicale d'Eysses / IFOREP).

Genre : Film

Type : Film documentaire

Producteur : Amicale d’Eysses / IFOREP

Source : © Association nationale pour la mémoire des résistants et patriotes emprisonnés à Eysses Droits réservés

Détails techniques :

Durée totale : 52 minutes. Durée du montage : 00: 01: 17s.    

Date document : 1987

Lieu : France - Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine) - Lot-et-Garonne - Villeneuve-sur-Lot

Ajouter au bloc-notes

Analyse média

Le film retraçant l'histoire d'Eysses est décidé lors du 40ème congrès en 1985 pour donner un contenu plus historique que celui du livre édité précédemment. Le film tourné à Villeneuve-sur-Lot et à Eysses en février 1986, sort en janvier 1987, sous le titre « Eysses, une prison dans la Résistance ». Il retrace en cinquante deux minutes les victoires remportées dans la prison, le grand dessein : l'évasion du 19 février et son échec, ce qu'était l'esprit d'Eysses, fait de tolérance, de civisme, d'abnégation, tout en le replaçant bien dans le contexte. Le témoignage de Robert Courtois est recueilli par Anna Dupuis-Defendini dans une cellule. 

Né en 1916 à Lillers, Robert Courtois, militant communiste, exerce la profession de terrassier à Paris. Arrêté en février 1940, il est condamné à trois ans de prison par le tribunal militaire de Paris. Emprisonné à Eysses le 14 janvier 1941 (malgré qu’il dise novembre 1940 dans le film), il est libéré le 23 octobre 1942 et rejoint les rangs des FTP dans le Pas-de-Calais.
Son témoignage est axé sur le « régime excessivement dur » en vigueur à Eysses lorsqu’il y est incarcéré en novembre 1940 : le port des sabots, la marche de ¾ d’heure au pas cadencé dans les préaux, le silence absolu… Parmi les quelques politiques présents à Eysses en 1940, l’un d’eux (Yves Péron selon plusieurs témoignages) sollicite le régime politique. La direction lui donne une réponse négative arguant d’une part du fait que ce type de régime « n’existe pas en temps de guerre » et d’autre part qu’ils ne sont pas considérés comme des politiques mais comme des « traîtres ».


Auteur : Fabrice Bourrée
Sources : Documentation Corinne Jaladieu.

Contexte historique

Le 15 août 1940, Eysses passe sans transition d’un établissement destiné aux mineurs à une centrale de force destinée aux adultes considérés comme les plus dangereux. Alors que le nombre de détenus oscillait avant guerre autour de deux cents, en juin 1940, suite à la débâcle et à l’exode pénitentiaire, l’effectif atteint 7 à 800 détenus. Mais la prison ne comptera jusqu’au 30 septembre 1943 que 10% de politiques, comptant dans ses murs essentiellement des prisonniers de droit commun condamnés pour vols. Le régime carcéral qui s’applique est celui propre aux maisons centrales. Les premiers « politiques » (ils ne sont que 7) arrivent à Eysses en 1940 en provenance de la maison centrale de Poissy. Bagnards en tenue de bure, les quelques politiques demeurent mêlés aux droits communs. Dans la journée, les prisonniers travaillent dans les ateliers de la centrale. L’obligation de silence est de rigueur, de même que la marche au pas cadencé. L’alimentation de base est insuffisante, de façon à pousser le détenu à s’assurer un surplus grâce à son travail. Néanmoins, une instance est prévue permettant un dialogue entre surveillants et surveillés où les réclamations de ces derniers sont légales.


D’après Corinne Jaladieu, La prison politique sous Vichy. L’exemple des centrales d’Eysses et de Rennes, L’Harmattan, 2002.

Sources complémentaires : Amicale des anciens d’Eysses, Eysses contre Vichy, 1940-…, Editions Tiresias, 1992.