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Extrait du film « Milice, film noir », réalisé par Alain Ferrari

Légende :

Extrait vidéo du documentaire « Milice, film noir » réalisé par Alain Ferrari et sorti en 1997.

Genre : Film

Type : Film documentaire

Producteur : Samosir Productions et 16 bis Productions

Source : © Avec l’aimable autorisation d’Alain Ferrari, réalisateur Droits réservés

Détails techniques :

Durée totale : 02 :18 :00s. Durée de l’extrait : 00 :00 :43s.

Date document : 1997

Lieu : France - Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine) - Lot-et-Garonne - Villeneuve-sur-Lot

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Analyse média

Cette séquence introductive débute par un travelling sur une carte de France partant de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour arriver sur Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), là où est située la centrale d’Eysses (zoom sur porche d’entrée de la centrale). Suit une série de clichés, des photos de groupes, pris clandestinement à Eysses par les détenus eux-mêmes. La séquence se termine sur une vue du système de fermeture des cages à poule et par une vue intérieure de l’une d’entre elles.

Retranscription du commentaire, dit par Michel Bouquet : « A Eysses, près de Villeneuve-sur-Lot, douze cents résistants et suspects sont enfermés. Soudés par une solidarité exemplaire, ils réussissent plusieurs soulèvements et évasions. Pour réprimer cette agitation, Joseph Darnand nomme à la direction de la prison un de ses hommes de main, le milicien Joseph Schivo. La répression est brutale.»

Le soulèvement dont il est question ici est celui qui se déroula entre le 8 et le 10 décembre 1943 au cours duquel les détenus politiques d’Eysses s’opposèrent aux forces de l’ordre pour empêcher le départ en zone Nord des internés administratifs. Quant à l’évasion, il s’agit de celle du 4 janvier 1944 qui permit à 54 détenus du quartier cellulaire de retrouver la liberté. C’est suite à ces deux événements que l’administration pénitentiaire nomme un nouveau directeur à Eysses, le colonel milicien Joseph Schivo, afin qu’il reprenne en main la centrale et qu’il y rétablisse l’ordre.

Présentation du film documentaire « Milice, film noir » :
Ce film est construit à partir des témoignages de quelques-uns des acteurs encore vivants (en 1995- 96) de cette période de l’Occupation qu’ils aient été alors d’un bord ou de l’autre. Chacun raconte, de son point de vue, l’histoire de la Milice française qui fut créée à Vichy, fin Janvier 1943 par Pierre Laval. Chacun dit à quel point cette Milice perpétua, sous une forme souvent délirante, les luttes des mouvements et partis d’extrême droite des années 30. Force du «maintien de l’ordre» et outil de la politique de collaboration, la Milice constitue l’épisode le plus sanglant de l’histoire de Vichy. Réalisé par Alain Ferrari, le documentaire produit par Samosir Productions et 16 bis Productions, sort en salle le 10 décembre 1997. Le commentaire écrit par Jacques Delperrié de Bayac, spécialiste de l’histoire de la Milice, et Alain Ferrari, est dit par Michel Bouquet.


Auteur : Fabrice Bourrée

Contexte historique

En octobre 1943, la prison d'Eysses, à Villeneuve-sur-Lot, devient un lieu stratégique où les autorités de Vichy décident de concentrer tous les condamnés politiques de la zone Sud. Le chiffre des prisonniers politiques détenus à Eysses atteindra 1400 début 1944. La grande diversité géographique et sociale des détenus cède vite la place à l'idée de communauté. Contre toute attente, les détenus réorganisent à l'intérieur de la prison une société vivant normalement malgré la contrainte. Les emprisonnés opposent à leurs geôliers leur esprit de résistance. Ils obtiennent une relative liberté de mouvement ainsi que le droit d'enseigner et de se distraire. Fin 1943, des journaux clandestins font leur apparition dans la prison. Les détenus parviennent aussi à communiquer avec l'extérieur et à tisser des liens avec des résistants locaux, par le biais notamment d'un certain nombre de gardiens. Les 9 et 10 décembre 1943, le bataillon d’Eysses entre en action et parvient à empêcher le transfert en zone Nord des internés administratifs. C’est une première victoire qui encourage de nouveaux combats. Le 4 janvier 1944, 54 détenus parviennent à s’évader avec la complicité de gardiens. Eysses devient alors une prison milicienne dirigée par Joseph Schivo.

Le 19 février 1944, les détenus tentent la plus ambitieuse évasion collective (à plus de 1200), jamais tentée dans l’histoire des prisons, pour rejoindre les rangs de la résistance extérieure. Elle échoue après plusieurs heures de combat armé. Dans les jours qui suivent le soulèvement, une cour martiale condamne à mort 12 détenus. Ils sont exécutés au matin du 23 février 1944. Les détenus demeurés dans la prison sont livrés aux nazis le 30 mai 1944. Les S.S. procèdent à la déportation des détenus qui sont transférés vers le camp de concentration de Dachau à la fin du mois de juin 1944. 400 des détenus d'Eysses mourront en déportation.


Auteur : Fabrice Bourrée
Sources : Site officiel de l’Association nationale pour la mémoire des résistants enprisonnés à Eysses : http://www.eysses.fr.