Les combats du bois d'Anjou, Cholet

Légende :

Stèle commémorative des combats qui se sont déroulés dans le bois d'Anjou, commune de Somloire

Genre : Image

Type : Stèle

Producteur : Joseph Ripoche

Source : © Collection Joseph Ripoche Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur.

Date document : 2012

Lieu : France - Pays de la Loire - Maine-et-Loire - Somloire

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Contexte historique

Les combats du bois d'Anjou se sont déroulés en août 1944, période à laquelle furent parachutés 59 SAS du 3e RCP, dans le cadre de l'opération "Dickens". Suite à ces combats, deux lieutenants FFI, Etienne Ferrari et Michel Creac'h, tous deux de Cholet, furent blessés et faits prisonniers par les Allemands puis soumis à d'atroces tortures avant d'y laisser leur vie.

Le 8 août 1944, les Allemands arrivent à Somloire, barrent les routes et envahissent le Bois. À l'exception du bruit et l'incendie du dépôt de munitions, la population ignore ce qui s'est réellement passé lors de cette opération, car les SAS ne reviennent pas à Somloire après l'abandon de leur base. Cette ignorance des faits a contribué à forger la légende du " combat du Bois d'Anjou ". Il faut attendre 1954, lors du 10e anniversaire de la libération pour que les faits trouvent vraiment leur sens.

Une erreur d'orientation des Allemands les fait s'entretuer dans les bois, tandis que les troupes SAS, tapies dans un roncier, s'efforcent de ne pas se faire repérer.
L'aspirant Dazermont commande par intérim la base SAS du Bois d'Anjou: [le 8 août] "  Nous sommes prêts à évacuer la base à la première alerte. Nous restons 14 : 10 parachutistes et 4 hommes de la résistance qui nous avaient demandé de passer la nuit précédente à la base du Bois et à qui s'est joint Ferrari, un des Choletais du convoi d'armes de la veille. Vers midi, Méda a vu sur les routes des environs des camions bondés de troupes. Le petit groupe de FFI avec Ferrari décide de nous quitter. Armé de mitraillettes et de grenades il disparaît dans les taillis. En début d'après-midi, Henri Germain et Lagarde placés en sentinelles ont vu plein de boches dans le bois et sur les chemins, lancé deux grenades et vidé un chargeur sur un groupe.
Il semble que la progression ennemie s'effectue d'est en ouest à travers le bois pour nous pousser vers la plaine qui s'étend au-delà du chemin qui longe la base. Un fusil mitrailleur et une caisse de chargeurs à bout de bras, nous nous enfonçons au milieu des buissons. Vers 19 h, nous parvenons à une futaie de jeunes arbres dominant un lacis de ronces. Par prudence je fais coucher tout le monde en cercle. Des éclaireurs ennemis s'interpellent. Soudain la fusillade éclate, dense et brutale.

[Plus tard, en rampant, les paras atteignent la lisière de la clairière et se regroupent dans un gros taillis.] " Le petit jour se lève, mais il n'est pas question de sortir de notre refuge. Nous sommes tout près d'une route d'où s'élèvent des braillements allemands mêlés au vrombissement des moteurs de camions qui démarrent. Nous écoutons décroître et s'éteindre au loin les bruits des véhicules qui remontent vers le nord. Je préfère nous faire oublier le plus longtemps possible en restant encore une journée et une nuit sur place. Ce n'est qu'à l'aube du 10 août que nous franchissons la route sur laquelle se trouvaient les véhicules ennemis.

Abandonnant la forêt, nous nous faufilons le long des haies vers la ferme isolée fixée comme lieu de rendez-vous... Le 11 août arrive Monteil qui avait fait sauter le dépôt d'armes et de munitions à l'instant où des camions de fantassins SS s'arrêtaient sur le chemin conduisant à la base. A la faveur de l'explosion, Monteil s'était échappé du bois d'Anjou et s'était refugié dans une ferme où on lui avait procuré vêtements civils, vivre et un vieux vélo pour nous rejoindre ".


Paulina Brault, d'après des informations transmises par Mme Héliane Martin, M. Joseph Ripoche et l'ouvrage de Scarlett Martin, 1939-1945 Le Choletais, une région dans la guerre, Edition AFMD.