Plaque en hommage au FFI Etienne Lalis

Légende :

Plaque en hommage au FFI Etienne Lalis, chauffeur d'André Picout, située 41, rue des Vinaigriers, Paris Xe

Genre : Image

Type : Plaque

Producteur : Jérôme Galichon

Source : © Geneanet Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur.

Lieu : France - Ile-de-France - Paris

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Contexte historique

"Etienne Lalis faisait partie des soldats de l’ombre. Ce n’est que le 8 août, 11 jours à peine avant le déclenchement de l’insurrection, qu’il révèlera à sa sœur son engagement dans la Résistance, sans s’appesantir sur les circonstances. Mais sons engagement était bien antérieur à la Libération de la capitale : typographe, ses qualités professionnelles lui permettaient de participer à la fabrication de faux-papiers essentiels à la Résistance, indispensables en ces temps de clandestinité, en particulier après l’instauration du STO. En effet, ayant réintégré son imprimerie après sa démobilisation, l’ex quartier maître de la Marine nationale devenait un compagnon de route de choix pour Honneur de la Police et Police et Patrie dont la confection de faux documents était l’une des spécialités. Ce rôle, aussi essentiel que périlleux, à lui seul lui vaudrait notre reconnaissance. Mais son action se poursuivit sous d’autres formes et lors des journées de l’insurrection parisienne.

Engagé volontaire dans les corps francs de la police du 10e arrondissement, il prendra, du 19 au 25 août, part à quelques uns des plus durs combats ayant émaillé la libération de la capitale. Le 19 août à 14 heures, quelques heures après que les commandos du Front national de la Police aient investis la Préfecture de Police, déposé le préfet vichyste et hissé les couleurs nationales sur l’édifice, résistants et corps francs de la police (qui arborent désormais, à l’invitation de Rol-Tanguy, le brassard des FFI) attaquent les troupes allemandes Faubourg Saint-Martin. Etienne Lalis est parmi eux. Retranchés dans la mairie du 10e, ils soutiendront pendant plusieurs heures l’assaut des renforts envoyés sur place, appuyés par 2 chars Panthers. Incapables de venir à bout de leur résistance, les Allemands se retireront sans avoir pu s’emparer de la mairie. Le 24 août, les FFI montent à l’assaut des gares de l’Est et du Nord, où les Allemands ont regroupé de nombreux véhicules, qu’ils espèrent évacuer vers la banlieue Nord. Résistants et corps francs de la police s’attaquent d’abord à la gare de l’Est, qu’ils nettoient de ses occupants, capturant plusieurs canons anti-chars et mitrailleuses lourdes. Puis, vers 18h, ils donnent l’assaut à la gare du Nord. Etienne Lalis, placé sous les ordre du capitaine Bonneau, chef des corps francs de la police du 10e est, à nouveau, des combats. Le même jour, les FFI attaquent la caserne Prince Eugène, place de la République, principal point de résistance allemand dans l’Est parisien. Une contre-attaque d’auto-mitrailleuses les contraint à se replier. La garnison allemande, forte de quelques 500 hommes appuyés par plusieurs canons, est cependant encerclée. Un nouvel assaut est déclenché le 25 vers 12h45. FFI et corps francs de la police des 11e et 10e arrondissements attaquent à la mitraillette et à la grenade les canons de 88 qui balaient l’avenue de la République, le boulevard Voltaire et la rue du Temple. Etienne Lalis est parmi eux. Les Allemand, qui occupent les étages supérieurs des maisons de la rue du Temple, ripostent, mais sont contraints de replier leurs canons dans la cour de la caserne Appuyés par un char de la 2e DB, dont les éléments précurseurs sont entrés dans Paris la veille au soir, les FFI viennent finalement à bout de la résistance des Allemands vers 15h30, après de durs combats qui leur coûtent une douzaine d’hommes.

A la pointe du combat pendant une semaine, Etienne Lalis –qui participera encore à la recherche des tireurs des toits- sort indemne d’affrontements qui auront coûté à la capitale quelques 1700 morts –dont un millier de FFI- et 3700 blessés. Trois semaines plus tard, il était abattu aux côtés d’André Picout, gardien de la paix et camarade de combat des corps francs du 10e arrondissement et de son épouse par 3 inconnus armés de mitraillettes, victime de l’un de ces innombrables règlements de compte qui ensanglantèrent la Libération.

Une plaque, apposée au lendemain de la guerre par la famille, honorait la mémoire des époux Picout, abattus devant leur fille de 16 ans. Mais rien ne rappelait le souvenir d’Etienne Lalis, héros de ces combats d’août 1944 où Paris retrouva son honneur et son âme. Sa famille a souhaité que cet oubli soit réparé et il n’était que juste qu’il sorte de l’anonymat et que nous lui rendions hommage aujourd’hui."


Discours de Madame Odette Christienne, adjointe au Maire de Paris chargée de la Mémoire du Monde combattant et des Archives, lors de l'inauguration de la plaque le 17 février 2006.


Pour en savoir plus, voir le site de Gilles Primout