Sabotage sur la ligne Paris-Le Havre

Légende :

Photographie prise par les gendarmes après le déraillement d'un train à Le Manoir-sur-Seine, 28 juillet 1943

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © Service historique de la Défense, 27E1640 Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique en noir et blanc

Date document : 28 juillet 1943

Lieu : France - Normandie (Haute-Normandie) - Eure - Le Manoir-sur-Seine

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Contexte historique

Extrait du rapport de la brigade de gendarmerie de Pont-de-l'Arche, 28 juillet 1943 : 

"... nous avons été avisés téléphoniquement par le chef de poste des requis du poste n°16, et par un employé de la gare de Pont-de-l'Arche, qu'un accident de chemin de fer venait de se produire au P.K. 116-200, territoire de la commune de Le Manoir-sur-Seine (Eure).

Immédiatement, nous nous sommes rendus sur les lieux, et avons constaté que sur un train composé de 30 wagons, 12 se trouvaient hors des rails. Un de ceux-ci était tombé dans le talus. Le wagon poste placé au milieu du train, avait labouré la voie très profondément sur une longueur de 15 mètres environ. Des traverses et des rails étaient arrachés. Un second wagon avait été en partie écrasé. Quelques colis gisaient sur la voie. De nombreux accessoires bordant la voie ferrée étaient brisés sur une longueur de 800 mètres. Il n'y avait pas d'accident de personne.

L'accident s'est produit sur la voie descendante, c'est-à-dire en direction de Rouen au P.K. 116-200, territoire de la commune de Le Manoir-sur-Seine à 380 mètres du pont du Manoir et du poste n°16 des requis montant la garde de la voie ferrée.
Les wagons composant le train n° 4.103 se trouvaient sur une longueur de 200 mètres environ. Plusieurs ruptures d'attelage aveient eu lieu. Les roues motrices de la machine étaient hors des rails. 25 mètres plus loin, se trouvait un groupe de quelques wagons dont plusieurs se trouvaient en travers de la voie puis, un peu plus loin, se trouvait un autre groupe de wagons (dont le wagon poste) sur deux rangs. L'un d'eux était tombé du talus haut de 3 mètres.

Cet accident est dû à un attentat, car nous avons constaté qu'un rail de 10 mètres, le rail intérieur, avait été en grande partie détirefonné sur le côté intérieur et l'éclisse déboulonnée.
A cet endroit, la voie ferrée forme un coude assez prononcé. (...)

Les saboteurs, ont dû arriver par un petit sentier débouchant du C.V. n°1 de Pont-de-l'Arche à Le Manoir-sur-Seine et accédant à la voie ferrée, car à 20 mètres de la dite voie, en bordure de ce sentier, nous avons trouvé une grenade défensive à main amorcée, vraisemblablement d'origine anglaise. A 180 mètres à l'est de la voie ferrée, en bordure d'un petit chemin herbu, nous avons constaté au pied d'un pylone électrique la présence d'une paire de souliers bas propres, usagés de couleur acajou, d'un poiture correspondant au 42 ainsi qu'un slip de couleur bleue-marine.
Ces chaussures et le maillot avaient été déposés certainement tout récemment à cet endroit car ils étaient secs. Ces divers objets ont été saisis par la Feldgendarmerie. Ces indices indiquent que les auteurs de l'attentat venaient vraisemblablement de Romilly-sur-Andelle ou d'Alizay. Par suite de l'état de sécheresse du terrain, il n'a pas été possible de relever la moindre trace de pas ou de véhicule quelconque. 

Il est possible que le sabotage ait été effectué en plusieurs reprises, entre les différents passages dus ervice de garde, car des emplacements très marqués ont été constatés dans les broussailles à proximité du signal n°5 qui a été arraché à cet empattement.

Notre commandant de section alors que nous procédions aux constations, est arrivé sur les lieux. Il a pris la direction de l'enquête.
Du personnel de la direction nationale des chemins de fer français est également arrivé sur les lieux ainsi que la 3e brigade mobile de Rousen la Feldgendarmerie et des autorités allemandes.
Le trafic était interrompu pour une durée indéterminée. L'une des voies étant gravement détériorée et l'autre entravée.(...)"


Service historique de la Défense, 27E 1640