Abram Lewin, dit Albert Lévine

Légende :

Albert Lévine (25/03/1919- 15/03/1998), cofondateur de la section marseillaise de l'UJRE (Union des Juifs pour la Résistance et l'Entraide) et de ses groupes de combat.

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © Archives privées famille Lewin Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique en noir et blanc

Date document : Eté 1944

Lieu : France - Provence-Alpes-Côte-d'Azur - Bouches-du-Rhône - Marseille

Ajouter au bloc-notes

Contexte historique

Abram Lewin, dit Albert Lévine naît à Vilnius le 25 mars 1909. Les multiples noms de la ville, Vilna pour les Russes, Wilna pour les Allemands, Wilno pour les Polonais, Vilnius pour les Lituaniens, Vilné pour les Juifs montrent son caractère cosmopolite mais que ce soit sous la souveraineté russe ou polonaise dans l'entre deux-guerres, une constante demeure : l'antisémitisme féroce qui frappe les 60 à 70 000 Juifs de la ville. Bien qu'ils représentent le tiers de la population, ils sont victimes de violences (pogrom du 19 avril 1919 par la cavalerie polonaise) et de discriminations (numerus clausus de fait dans les universités ).
Afin de poursuivre ses études,Abram Lewin émigre en France vers 1930. Il intègre une école d'ingénieur à Nancy où il rencontre Bejla Kotulanska qui a quitté la Pologne pour les mêmes raisons et suit des études d'agronomie. Bella et Albert se marient le 7 novembre 1939. Ils francisent nom et prénoms et deviennent Albert et Bella Lévine.

A la déclaration de guerre, Albert Lévine s'engage dans la Légion étrangère. La démobilisation et l'occupation de la zone Nord amènent le couple à se réfugier à Marseille. Albert rejoint la section marseillaise de la Main œuvre immigrée (MOI). A Avram et Choura Haham, installés de longue date à Marseille, s'ajoutent des anciens combattants des Brigades internationales et d'autres réfugiés de la zone Nord comme Hélène Taich. Lorsque se forme à l'été 1942 le détachement Marat des FTP-MOI, Albert Lévine est chargé avec Dimitri Koturovic du service technique. Leur atelier clandestin se dissimule impasse Junod dans le quartier de Saint-Lazare à Marseille. Grâce à sa formation d'ingénieur, Albert Lévine trouve un emploi dans un atelier de réparation de radios. Il peut ainsi fournir du matériel qui sert à la fabrication de bombes et d'explosifs divers utilisés lors des nombreux attentats réalisés par le groupe Marat.

Au printemps 1943, Albert Lévine participe avec Nat Taich et Roger Godchot à la création de la section marseillaise de l'UJRE (Union des Juifs pour la Résistance et l'Entraide) qui regroupe toutes les organisations juives communistes et de ses groupes de combat. Le 31 décembre 1943, un groupe de combat de l'UJRE investit le siège de l'UGIF et détruit les fichiers qui répertorient les Juifs de la région. En mars 1944, Albert Lévine et son groupe lancent plusieurs bombes au siège du mouvement collaborationniste Jeunes pour une Europe nouvelle qui exhibait une immense photo du Juif Süss. Avec son épouse Bella, Albert Lévine essaie de convaincre les Juifs marseillais de se cacher et de confier leurs enfants à des familles françaises. Lors de l'insurrection de Marseille, Albert participe aux combats de la place Castellane et à la prise de la préfecture.

Albert Lévine décède le 15 mars 1998.


Auteur : Sylvie Orsoni

Sources et bibliographie :
Diamant David, Les Juifs dans la résistance française 1940-1944 (avec armes ou sans armes), Paris, Roger Maria Éditeur, 1971.
Georges-Picot Grégoire, L'innocence et la ruse. Des étrangers dans la Résistance en Provence, p.254, 268-272, Paris, éditions Tirésias, 2011.
Mencherini Robert, Résistance et Occupation (1940-1944). Midi Rouge, ombres et lumières, tome 3, Paris, Syllepse, 2011.
Ravine Jacques, La résistance organisée des juifs en France 1940-1944, Paris, 1973.
Serban Basil, "Du détachement « Marat » à l'Etat-major de la Zone Sud", PACA-Libération de Marseille.