Fernand Botte

Légende :

Fernand Botte, dit "Boulanger", cofondateur du groupe local de résistance de Vireaux (Yonne), responsable du maquis éponyme, puis du maquis Aillot, affilié à Libération-Nord

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © ARORY-Société d'Archéologie et d'Histoire du Tonnerrois Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique en noir et blanc extraite du CD-ROM La Résistance dans l’Yonne.

Lieu : France - Bourgogne - Yonne

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Contexte historique

Fernand Botte est né le 12 juillet 1923 à Vireaux, où il est agriculteur à la veille de la guerre. En 1940, il est trop jeune pour être mobilisé mais récupère les armes abandonnées sur les routes de l'exode. Avec Georges Navotte, de retour en novembre 1941, il forme un petit groupe de Résistance local, le groupe de Vireaux.

Au printemps 1943, Fernand Botte est contacté par Firmin Semblat, de Libération-Nord, qui cherche des chefs de groupes pour diriger les futurs maquis. Fernand Botte et Louis Lenief sont les premiers nommés, avec la responsabilité respective des cantons de Noyers-sur-Serein et d'Ancy-le-Franc. Jusqu'à la fin de l'année 1943, Fernand Botte (" Boulanger ") mène d'épisodiques actions de résistance au sein du groupe de Vireaux, travaille à rallier des hommes et à constituer des dépôts d'armes.

Au début de l'année 1944, Fernand Botte est le seul responsable des maquis de Libération-Nord car Louis Lenief a été victime des arrestations de novembre 1943. " Verneuil " le charge de contacter le maquis Garnier naissant, qu'il rejoint probablement en février. Le 27 mars 1944, il participe au combat de la ferme du Carrelet, mais n'accompagne pas le maquis en Puisaye. Il garde toutefois une liaison pour y envoyer des réfractaires. Mais le maquis s'est éloigné et est devenu assez indépendant. " Verneuil " demande donc à Fernand Botte de fonder un autre maquis. Il s'y emploie aussitôt et forme l'ossature du futur maquis Aillot à partir du groupe de Vireaux. Il en confie le commandement à Henri Mennecart, un ancien brigadiste, qu'il seconde avec Georges Navotte. Fernand Botte compte sur Roger Picand pour lui envoyer des réfractaires parisiens et espère ensuite faire fusionner les deux maquis.

Entre-temps, les hommes du maquis Garnier sont attaqués dans leur refuge poyaudin du Moulin Butteaux. Ils prétendent connaître leur mouchard et veulent se faire justice. Aussitôt informés, Roger Picand et Fernand Botte décident de se rendre au maquis, établi près de Voutenay-sur-Cure depuis le 24 avril. Le garagiste Jacques Voye les y conduit le 25 avril. A peine arrivés, les trois hommes sont arrêtés par des soldats allemands ; un détachement de la Wehrmacht attaque le maquis. Interrogés par un officier, ils sont relâchés, à l'exception de Fernand Botte qui a une balle dans sa poche et une croix de Lorraine cousue à l'intérieur de son blouson. Il avait pourtant laissé son revolver à Georges Navotte quelque temps auparavant.

Fernand Botte est conduit à la prison d'Auxerre, où il partage sa cellule avec Gérard Hubert du Service national maquis. Il est torturé puis fusillé le 15 juillet 1944 au champ de tir d'Egriselles.


Frédéric Gand, « Fernand Botte », in CD-ROM La Résistance dans l’Yonne, AERI, 2004.