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Lucienne Paillot

Légende :

Lucienne Paillot, dite "Lulu ", agent de liaison et infirmière au sein des maquis de Libération-Nord, notamment celui des Iles Ménéfrier (Yonne)

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © ARORY - Archives privées famille Vaissier Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique en noir et blanc extraite du CD-ROM La Résistance dans l’Yonne.

Lieu : France - Bourgogne - Yonne

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Contexte historique

Lucienne Paillot est née le 5 novembre 1911 au hameau d'Angy, sur la commune de Lézinnes. Elle est la fille unique de cultivateurs aisés. Son père, Camille Paillot, s'est illustré dans l'aviation pendant la guerre de 1914-1918 et est capitaine de réserve. Elle est victime très jeune d'une coxalgie qui l'oblige à écourter ses études et à travailler avec ses parents.           

En juin 1938, elle passe son diplôme d'infirmière à Tonnerre et entre au service de la Croix-Rouge. Le 10 juillet 1940, elle rejoint l'hôpital militaire de Tonnerre et y soigne les nombreuses victimes des bombardements de juin, dans le service du médecin-chef Blondel. Elle est aussi requise par les autorités allemandes au titre de la défense passive et dispose d'un Ausweiss lui permettant de circuler en voiture jour et nuit.           

Cette année-là, ses parents s'installent à Tonnerre et laissent leurs terres d'Angy en location. Son père y devient expert auprès des assurances et organise à la fin de l'année 1942 un petit groupe de résistance avec quelques-unes de ses connaissances, notamment Roger Picand. Lucienne en fait partie et utilise son statut d'infirmière militaire pour réaliser des liaisons. Elle travaille aussi avec le responsable départemental du dispensaire, le docteur Seguin, qui est en contact avec le groupe.           

En 1943, ce groupe est en relation avec le réseau Eleuthère dépendant du réseau gaulliste Praxitèle. Lucienne s'y engage en septembre 1943 et devient l'agent de renseignement " Lulu ", travaillant pour le BCRA (Bureau central de renseignement et d'action). Elle collecte des renseignements qu'elle transmet ensuite à ses chefs. On sait, par un Ausweiss délivré par l‘autorité allemande de Dijon en novembre 1942, qu'elle a fait un voyage à Grasse. Au début de l'année 1943, elle travaille bénévolement au dispensaire de Tonnerre aux côtés de l'infirmière Elise Roche et l'assiste jusqu‘en juillet 1944. En février 1943, elle s'engage comme infirmière de la Croix-Rouge à l'hôpital de Tonnerre. Elle rencontre " Verneuil " à l'automne 1943 et l'aide à implanter Libération-Nord dans le Tonnerrois. Elle en soigne les maquisards à partir de 1944.       

Son père est arrêté le 1er mai 1944 et emprisonné à Auxerre. Elle est alors surveillée par la Gestapo et subit plusieurs perquisitions, réussissant à soustraire aux Allemands de précieux documents. En juin 1944, elle passe son diplôme d'aide médico-sociale et est chargée par l'état-major FFI de l'organisation des services sanitaires des unités combattantes. Elle participe aussi à la concentration des groupes sédentaires et des maquis avant le rassemblement des Iles Ménéfrier, où elle se rend ensuite une fois pour organiser l'unité sanitaire de la compagnie hors-rang.           

Le 25 août 1944, Robert Carré l'emmène chercher son père à Auxerre. Elle passe par Chablis où elle informe Jean Magendie d'un accrochage opposant, à Maulnes, des maquisards à des Allemands. Elle rejoint ensuite l'hôpital militaire FFI de Tonnerre et devient infirmière-major dans le service du docteur Jean Camus. C'est là qu'elle recueille Maurice Lasnier qui mourra après l'accrochage de Saint-Martin-sur-Armançon. Elle est ensuite affectée à l'hôpital complémentaire d'Auxerre en janvier 1945 puis est réquisitionnée en septembre par la Croix-Rouge pour le centre sanitaire de Caubert en Seine-et-Marne. Elle retourne enfin à Tonnerre après un séjour à l'hôpital maritime de Cherbourg, de janvier à avril 1946.           

Après la guerre, elle reçoit de hautes décorations et notamment une citation à l'ordre du régiment avec mention du général de Gaulle. En novembre 1946, elle épouse Maurice Vaissier qui avait été prisonnier de guerre. Les époux tiennent un café d'abord à Cheney, puis à Tonnerre.

Lucienne Vaissier est décédée le 26 février 1996.

(Consulter L'Yonne Républicaine du 8 mars 1996)


Frédéric Gand, « Lucienne Paillot », in CD-ROM La Résistance dans l’Yonne, AERI, 2004.