Firmin Semblat

Légende :

Firmin Semblat, dit  " Libération ", proche de " Verneuil "

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © ARORY - Archives privées Lucette Semblat Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique en noir et blanc extraite du CD-ROM La Résistance dans l’Yonne.

Lieu : France - Bourgogne - Yonne

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Contexte historique

Firmin Semblat est né le 5 juillet 1897 à Château-Thierry dans l'Aisne. Il est mobilisé pendant la guerre de 1914-1918 au 154e régiment d'infanterie de Lérouville près de Toul. Il monte en ligne en Argonne puis dans la Somme, où il est blessé le 20 août 1917. Après la guerre, il se marie et exerce la profession de serrurier à Château-Thierry. Il perd son emploi dans les années trente et reprend, avec son épouse Marguerite, une épicerie à Tannay dans la Nièvre. Quelque temps après, il entre au laboratoire de la cimenterie Lafarge de Frangey. En 1939, ce père de trois enfants habite Lézinnes et a obtenu le statut d'ingénieur chimiste. Il a été mobilisé sur place car son entreprise est requise pour la Défense nationale. Politiquement modéré, il affiche alors un anti-pétainisme marqué.           

Au printemps 1943, il a ses premiers contacts avec " Verneuil ", qu'il connaît bien car le jeune étudiant passe ses vacances dans sa maison familiale d'Ancy-le-Libre. " Verneuil ", nommé responsable militaire de Libération-Nord pour l'Yonne, en fait l'un de ses premiers appuis dans le Tonnerrois et compte sur lui pour constituer les premiers dépôts d'armes et pour trouver de futurs chefs de groupe. Firmin Semblat lui en trouve rapidement deux, Fernand Botte et Louis Lenief. A l'automne 1943, il fait partie de Libération-Nord, sous le pseudonyme de " Libération ". Il héberge de jeunes réfractaires et même un aviateur anglais. Son domicile est aussi l'une des boites aux lettres de l'organisation.      

Il est arrêté à la cimenterie, le 18 novembre 1943 par la Gestapo. Un vaste coup de filet frappe alors le Tonnerrois et entraîne les nombreuses arrestations de novembre 1943. Firmin Semblat se retrouve le soir même à la prison d'Auxerre avec d'autres victimes de la rafle puis est conduit le lendemain à la prison de Fresnes. Durant ses mois de captivité, il subit plusieurs interrogatoires au siège de la Gestapo, rue Lauriston, où il est torturé par Jacques Bonny. Dans sa cellule, avec ses deux co-détenus, dont l'un est l'évêque de Lourdes Théas, il fabrique une corde de draps mais les trois hommes ne trouvent pas l'occasion de s'évader.           

Il fait partie des derniers convois de déportés qui partent de Compiègne et arrive au camp de Neuengamme le 18 juillet 1944. Il y reste plus de neuf mois. Le 2 mai 1945, les Allemands rassemblent les derniers déportés sur le quai de Lübeck tandis qu'un grand nombre a déjà embarqué sur le Cap Arcona. Après le bombardement des navires, les Allemands fuient devant l'arrivée des Américains. " Libération " est sauvé et pris en charge par la Croix-Rouge suédoise. Il fait partie des rares rescapés et pèse quarante kilos. Quelque temps plus tard la radio annonce le retour des déportés ; Lucette Maitrot court apprendre la nouvelle à Marguerite Semblat, sa future belle-mère.           

Après la guerre, il est nommé lieutenant FFI et fait chevalier de la Légion d'honneur. Il devient membre actif de l'ADIF de l'Yonne. Il est décédé le 26 février 1974.


Frédéric Gand, « Firmin Semblat », in CD-ROM La Résistance dans l’Yonne, AERI, 2004.