Pierre Vauthier

Légende :

Pierre Vauthier, ancien secrétaire de la SFIO, chargé par Henri Ribière d'implanter Libération-Nord dans l'Yonne au printemps 1943

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © La Résistance dans l'Yonne : la diversité des organisations, Auxerre, ARORY, 2001 Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique en noir et blanc extraite du CD-ROM La Résistance dans l’Yonne.

Date document : Sans date

Lieu : France - Bourgogne - Yonne

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Contexte historique

Né le 22 janvier 1901 à Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre), Pierre Vauthier est le fils d'un petit paysan qui était aussi sabotier. Il fait ses études à l'École primaire supérieure de Varzy de 1917 à 1920, puis entre à l'École normale de Nevers. Professeur délégué rectoral au collège de Tonnerre, il obtient sa licence d'histoire-géographie en 1927 à Dijon ; il est alors nommé professeur titulaire au collège de Joigny. Dans cette ville, il fonde le cercle Jean-Jaurès, cercle d'éducation populaire. Adhérent à la Ligue des droits de l'Homme, il rejoint très tôt la SFIO et devient secrétaire fédéral en 1933. Il le reste jusqu'en 1940.          

Au sein de la SFIO de l'Yonne, Pierre Vauthier défend les thèses de Léon Blum contre les néo-socialistes de Marcel Déat, particulièrement actifs dans le département, mais aussi contre les socialistes de gauche qui participaient aux Comités de lutte contre la guerre et le fascisme avec les communistes. Il soutient les positions de Blum pendant le Front populaire et au moment des accords de Munich. Il participe à la grève du 30 novembre 1938, comme un certain nombre de dirigeants socialistes de l'Yonne.

Son épouse Germaine, cousine d'Adrien Langumier (l'un des fondateurs du PCF icaunais), née le 9 octobre 1900 dans une famille de Saint-Amand-en-Puisaye, est institutrice et adhère à la SFIO en 1933. Les Vauthier reçoivent avant la guerre des juifs émigrés d'Allemagne, victimes des persécutions nazies.           

Pendant l'Occupation, Pierre Vauthier participe à la fondation du groupe Bayard. En juin 1943, il est contacté par Henri Ribière, membre de la direction nationale de Libération-Nord et chargé d'implanter le mouvement dans l'Yonne. Il en devient le responsable civil, tandis que Jean Chapelle est chargé de la direction militaire du mouvement. Sa femme partage ses activités de Résistance.           

Pierre et Germaine Vauthier sont arrêtés le 21 mars 1944, sur la dénonciation de Marius Guillemand (Etienne) qu'ils avaient reçu à leur domicile. Germaine Vauthier est libérée, mais son mari est emprisonné à Auxerre, torturé puis déporté à Neuengamme le 6 juin 1944. Après avoir travaillé dans les Kommandos les plus durs, il est transféré à Sachsenhausen où l'Armée rouge le libère en mai 1945. Il revient des camps gravement malade ; il est soigné pour tuberculose pulmonaire de 1945 à 1948.           

Il reprend ensuite ses fonctions de secrétaire fédéral de la SFIO et fonde le journal socialiste Le Réveil de l'Yonne, en 1955, journal à parution régulière jusqu'en 1978. Au sein de la SFIO, il défend les positions de Guy Mollet. Il demeure secrétaire fédéral jusqu'à sa mort, en 1967.           

Pierre Vauthier fut avant tout l'organisateur de la SFIO dans l'Yonne ; il ne se présenta qu'une seule fois à une élection, face à Renaitour dans le canton de Seignelay après la guerre, et n'eut pas d'activité syndicale.           

Il fut pendant longtemps correspondant du Comité d'Histoire de la Seconde Guerre mondiale. Á ce titre, il recueillit de nombreux témoignages de résistants qui sont aujourd'hui déposés aux Archives nationales et aux Archives départementales de l'Yonne.

Germaine Vauthier a milité au Parti socialiste jusque dans les années 1990. Elle est décédée à Joigny le 30 mai 1995.


Joël Drogland, « Pierre Vauthier », in CD-ROM La Résistance dans l’Yonne, AERI - ARORY, 2004.