Arrivée de la Délégation Italienne d'Armistice (DIA)

Légende :

8 juillet 1940 : arrivée à Aspretto (Ajaccio) des membres de la Délégation italienne d'armistice (DIA) venus en Corse en hydravion

July 8th, 1940 – the arrival of the members of the Délégation italienne d’armistice (DIA) in Aspretto (Ajaccio), arriving in Corsica by seaplane

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © Musée A. Bandera d'Ajaccio Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique en noir et blanc.

Date document : 8 juillet 1940

Lieu : France - Corse - Corse du Sud - Ajaccio

Ajouter au bloc-notes

Contexte historique

Effets militaires et politiques de l'armistice :
L'armistice français est signé à Rome, le 24 juin 1940 par le maréchal Badoglio (Italie) et le général français Huntziger. En conséquence, outre l'entérinement de la chute de la IIIe République, la Corse n’est pas occupée immédiatement, mais désarmée et exposée sans défense à un débarquement. Ainsi, la base navale d’Ajaccio est démilitarisée et les défenses côtières de l’Ile tombent les unes après les autres. Toutes les places fortes militaires et maritimes ainsi que les bases navales sont placées sous contrôle italien. Seules les batteries du secteur d’Ajaccio restent armées mais passent toutefois sous contrôle italien. 

C’est l’amiral Vannutelli qui est chargé de veiller à l’éxécution de la Convention du 24 juin 1940. Il dirige aussi la Commission créée à cet effet à Turin le 29 juin 1940, la CIAF (Commission Italienne d’Armistice avec la France). La CIAF est représentée en Corse par une délégation, la DIA (Délégation Italienne d’Armistice). Dès le 8 juillet 1940, 23 membres de la DIA arrivent à Ajaccio. Il faut attendre février 1941 et un accord Turin-Vichy pour que les effectifs de la DIA soient portés à 59 membres, soit plus que stipulé dans la Convention. 


On ne peut considérer la Résistance que comme une réaction à une occupation militaire. Mais en Corse, elle commence dès la venue de la DIA (8 juillet 1940) et la mise sous contrôle italien des défenses, des transmissions, des transports. Personne ne doute que les Italiens ont en vue l’annexion. L’esprit de la Résistance se révèle d’abord dans les milieux militaires, avec notamment la Légion corse de l’officier François Pietri (région de San Gavino di Carbini), son mouvement va s’implanter dans le Sartenais. Les groupes de Résistance naissent spontanément, en ordre dispersé, inspirés et insufflés par une réaction patriotique. 

En novembre 1941, l’amiral Vannutelli, qui préside la CIAF de Turin, publie un « Programme pour la Corse », préconisant le rattachement de la Corse à l’Italie. En juin 1942, un nouveau rapport de la CIAF paraît dans la perspective de l’occupation militaire de la Corse.


Military and political impact of the armistice:

The French armistice was signed in Rome on the 24th of June 1940 by Marshall Badoglio (Italy) and the French general, Huntziger. Consequently, as well as formalizing the collapse of the Third Republic, Corsica was not immediately occupied, but disarmed, exposed, and defenseless against marine assault. As such, the naval base of Ajaccio was demilitarized and the coastal defenses torn down one by one. All military and maritime strongholds, as well as all naval bases, were placed under Italian control. Only the military batteries of Ajaccio remained armed, but quickly fell under Italian control.

Admiral Vannutelli was charged with overseeing the implementation of the written Convention of June 24th, 1940. He was also in charge of the commission created for this purpose in Turin the 29th of June 1940, the CIAF (Commission italienne d’armistice avec la France). The CIAF was represented in Corsica by a delegation, the DIA (Délégation italienne d’armistice). Beginning the 8th of July 1940, 23 members of the DIA arrived in Ajaccio. It was not until February of 1941, with agreement between Turin and Vichy that this number increased to 59, unlike what was stipulated in the Convention.

One could consider the Resistance movement as a reaction to military occupation. But in Corsica, it began as early as the arrival of the DIA on July 8th, 1940, with the seizure of all defense systems, transmissions, and means of transportation by Italy. There is no doubt that annexation was the objective for Italian occupation. The spirit of the Resistance manifested itself first among the military circle, and notably amongst the Corsican legion commanded by François Pietri in the region of San Gavino di Carbini, whose activities would be based in the Sartene area. The sub-groups of the Resistance movement developed spontaneously scattered over the Island, and inspired by the patriotic reaction to Italian presence.

In November 1941, Admiral Vannutelli, who presided over the CIAF of Turin, published a “Program for Corsica”, encouraging the annexation of Corsica. In June 1942, a new report written by the CIAF was published from the perspective of military occupation of Corsica.


Auteur : Paulina Brault

Sources :
Hélène Chaubin, Corse des années de guerre 1939-1945, Editions Tirésias-AERI, Paris, 2005
Hélène Chaubin, La Corse à l'épreuve de la guerre 1939-1943, Editions Vendémiaire, Paris, 2012.

Traduction : Sawnie Smith