Plaque en hommage au docteur Joseph Imbert, Arles

Légende :

Plaque rappelant que le résistant et médecin Joseph Imbert, maire d'Arles, fut arrêté par la Gestapo à son domicile, le 2 mars 1943, puis déporté - apposée par le Parti socialiste (SFIO) le 1er novembre 1946, elle est sise au 6, rue Portagnel, Arles

Genre : Image

Type : Plaque

Source : © Cliché Maurin Lefèvre - Collection CRDA Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur.

Date document : 1er novembre 1946

Lieu : France - Provence-Alpes-Côte-d'Azur - Bouches-du-Rhône - Arles

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Contexte historique

Joseph Imbert est né à Arles le 13 août 1903. Son père, Lazare Imbert, était conducteur de travaux aux ponts et chaussées. Après d’excellentes études au collège d’Arles (qui ne s’appelait pas encore Frédéric Mistral), il passe son baccalauréat, ce qui lui permet d’entrer à l’école de médecine de Marseille où il suit trois années d’étude qu’il poursuit à la faculté de Montpellier.

Interne à l’hôpital d’Arles à partir de juin 1926, il prépare une thèse sur la fièvre de Malte dans la région d’Arles, qu’il présente publiquement devant la Faculté de Montpellier le 20 décembre 1927. Cette thèse lui permet de prononcer le serment d’Hippocrate et de devenir docteur en médecine.

Après avoir effectué son service militaire comme médecin-lieutenant, il installe son cabinet à Arles au n° 6 de la rue Portagnel. Son comportement et ses qualités humaines lui attirent une clientèle nombreuse et il est surnommé le « médecin des pauvres ».

Élu conseiller général en 1934, Joseph Imbert est désigné maire d’Arles en 1935. Malgré toutes les charges qui lui incombent, il fait face avec toujours la même gentillesse, le même esprit de dévouement. Parmi tous les problèmes qui le préoccupent, il en est un qui lui tient particulièrement à cœur : l’hôpital situé en centre-ville dans un bâtiment vétuste (l’hôtel dieu date de 1473), insuffisant, insalubre et non fonctionnel. Il estime que la construction d’un nouvel hôpital constitue une priorité des priorités et le site de Fourchon lui apparaît comme le meilleur emplacement. Sur sa proposition, le conseil municipal fait l’acquisition du terrain. L’architecte Castel est chargé de préparer un projet.

Le 26 juin 1937, il épouse Léonie Béraud et devient ainsi le beau-frère et ami de Paul Béraud, un autre médecin d’Arles, qui deviendra lui aussi résistant. En septembre 1939, la guerre éclate. Joseph Imbert voit ses projets bloqués. Il est mobilisé comme médecin-major à Besançon. Démobilisé après l’armistice de 1940, il revient à Arles où il reprend ses activités médicales et municipales jusqu’à la date symbolique du 11 novembre 1940, où il démissionne avec l’ensemble de son conseil municipal.

Hostile à la collaboration, il s’engage dès la première heure dans la Résistance, dans le mouvement Combat dans lequel il recrute d’autres volontaires.

Après leur arrivée en novembre 1942, les Allemands sont cependant très vite renseignés sur les activités clandestines de l’ancien maire. Le 2 mars 1943, Joseph Imbert est arrêté. Interné aux Beaumettes, il est transféré deux mois après à la prison de Fresnes, d’où il est déporté d’abord à Buchenwald, puis dans d’autres camps. Il apporte ses soins et son aide morale aux autres déportés, gardant toujours intacte sa confiance dans la victoire finale, malgré les horreurs et les souffrances qu’il côtoie et subit chaque jour.

Le 4 avril 1945, il est détenu au camp de Nordhausen, un kommando de Dora. Parqué avec d’autres déportés dans les garages des blindés SS, lorsque le camp est bombardé par l’aviation américaine vers 9 h 30. Joseph Imbert, resté debout et chantant le Chant du départ, disparaît.

Construit en 1971, l’hôpital d’Arles porte son nom et perpétue son souvenir.


Auteur : Marion Jeux

Sources :

Résister en pays d'Arles, 1944-2014, 70e anniversaire de la Libération, Arles, éditions Actes Sud, 2014.

Nicolas Koukas, La Résistance à Arles, 1940-1944, Mémoire de maîtrise, Université d'Avignon et des pays de Vaucluse, dir. Robert Mencherini, 1997.

Annie Tuloup-Smith, Rues d’Arles, qui êtes-vous ?, éditions Les amis du Vieil Arles, 2001.