Rencontre avec Jacques Chantre, un résistant Lot-et-Garonnais déporté à Dachau

Quand êtes-vous rentré dans la Résistance ? Quelles actions avez-vous réalisées en tant que résistant ?

- 26 2013

Au début du mois de juillet 1943, je rentre dans la clandestinité pour échapper à une convocation pour le service militaire que je devais effectuer dans un Chantier de jeunesse. Je suis pris en charge par des communistes de Nérac, dont Pierre Chantre, mon oncle, un cheminot responsable syndical, qui me donnent l’adresse de paysans dans les environs de Frespech et Laroque-Timbaut où je vais me cacher. J’ai distribué des tracts à Nérac puis lorsque je suis entré dans la clandestinité, j’ai volé des tickets d’alimentation dans une mairie. Quelques jours plus tard, j’ai reçu l’ordre de faire sauter la voie ferrée à Saint-Hilaire-de-Lusignan, près d’Agen. C’était en octobre 1943. On a dû s’y reprendre à deux fois car notre matériel rudimentaire n’a pas fonctionné la première fois. Le dispositif a enfin fonctionné et la voie comme le train ont sauté. Nous étions trois pour réaliser ce sabotage. L’un d’entre nous était chargé de surveiller nos bicyclettes. A la fin de l’opération, il s’est enfui et nous a dénoncés tout comme les paysans qui nous hébergeaient. Il leur a indiqué également qu’il avait rendez-vous à l’église Saint-Hilaire d’Agen avec notre chef départemental André Delacourtie, qui sera tué dans l’église par un policier français.



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Tickets d\'alimention. Collection F.F.