Monument à la mémoire des Italiens tombés dans la Résistance
Légende :
Monument marseillais situé sur la place Caffo à la mémoire des résistants italiens morts pendant la Seconde Guerre mondiale.
Genre : Image
Type : Lieu de mémoire
Producteur : MUREL PACA
Source : © Marilyne Andréo Droits réservés
Lieu : France - Provence-Alpes-Côte-d'Azur - Bouches-du-Rhône - Marseille
Analyse média
Le monument de marbre blanc en forme de petit obélisque repose sur une dalle clôturée par une petite barrière et il est surélevé par une marche. Aucun nom de résistant n’a été gravé sur la plaque de marbre noir. Le texte est écrit en italien puis en français « Les Italiens des Bouches-du-Rhône sous les auspices de la section de Marseille de l’Association nationale des Mutilés et Invalides de guerre aux Italiens tombés sur le champ d’honneur dans les rangs de la Résistance au service de la fraternité franco-italienne de la liberté et de la paix des peuples ». Lors de la réhabilitation de la place Caffo en 2014, le monument a été déplacé. Il se trouvait à l’extrémité de la place tournant le dos à la rue Ricard et il se situe à présent devant l’église de la paroisse Belle de Mai, il est posé directement sur les pavés sans la dalle.
Le choix d’un monument sans nom permet de n’oublier personne. C’est une mémoire collective qui est ainsi honorée.
Marilyne Andréo
Contexte historique
Un monument à la mémoire des Italiens tombés dans la Résistance est érigé sur la place Placide Caffo dans le 3ème arrondissement de Marseille dans le quartier Belle-de-Mai qui est un des quartiers où les immigrés italiens sont nombreux pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est édifié à la demande de la section de Marseille de l’Association nationale italienne des Mutilés et Invalides de guerre. La demande est faite auprès de la Préfecture des Bouches-du-Rhône en 1956. Les discussions autour du projet ont lieu entre 1956 et 1957. Il est ensuite envoyé en 1958 pour décision définitive au ministère de l’intérieur qui l’approuve le 30 juin 1958. Le monument est inauguré en mai 1960.
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les difficultés économiques et la crise agricole poussent de nombreux Italiens à émigrer. A la fin de ce siècle et au début du XXe, la France est une destination privilégiée pour ces migrants économiques, la troisième destination derrière les Etats-Unis et l’Argentine. Les Italiens deviennent alors la première nationalité étrangère établie en France. La proximité géographique de la Provence, des Alpes et de la Côte-d’Azur avec l’Italie et les offres d’emploi favorisent une présence nombreuse d’immigrés italiensqui travaillent dans les villes industrielles et les ports, dans l’artisanat ou dans l’agriculture.Marseille est jusqu’en 1914 la capitale de l’immigration transalpine en France avant d’être devancée par Paris et sa région.Aux migrants économiques s’ajoutent les exilés politiques, les fuorusciti,avec l’arrivée de Benito Mussolini au pouvoir en 1922 et la mise en place de la dictature fasciste. A la fin des années 1930, 18% de la population marseillaise est italienne. Dans le département, les Italiens sont la communauté étrangère la plus importante.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Transalpins représentent 2,4% des résistants des Bouches-du-Rhône et ils sontla nationalité étrangère la plus nombreuse au sein de la Résistance du département. Ils composentenviron un tiers des effectifs de résistants étrangers de ce département. Ils viennent principalement de trois régions : la Toscane, le Piémont et la Campanie puis la Ligurie et la Sardaigne.
L’action des résistants italiens recouvrent toutes les formes de Résistance possible et ils sont présents dans tous les types d’organisations de la Résistance, mouvements, réseaux et forces armées, même si leur engagement est plus fort au sein de la Résistance communiste (reconstitution du Parti communiste italien en exil et intégration dans les rangs des FTPF et des FTP-MOI).
Ce monument rend hommage aux résistants italiens morts durant le second conflit mondial. Ils se sacrifient au nom de leur patrie d’adoption et dans l’espoir que l’Italie puisse également se libérer du joug fasciste. Ils sont tués au combat, fusillés, exécutés ou morts en déportation. La répression allemande contre les maquis en juin 1944 et les combats de la Libération sont les principales causes de décès de ces résistants dans le département.
Marilyne Andréo
* Sources :
1 122 W 7, AD BDR, « Décret du 30 juin 1958 sur l’érection du monument commémoratif à Marseille : Monument à la mémoire des Italiens tombés dans la Résistance ».
Accents. L’actualité des Bouches-du-Rhône, n°224, mai/juin 2014, p.16.
Marilyne Andréo, Sociologie de la Résistance méridionale (Gard, Vaucluse, Bouches-du-Rhône), thèse de doctorat, dir. Jean-François Muracciole, Université de Montpellier, 2018, 1 420 p.
Gérard Leidet, Sylvie Orsoni, « Marseille, plaque tournante de la solidarité internationale, 1936-1944 », Revue Marseille, n°284, avril 2026, p.49-51.
Pierre Milza, Voyage en Ritalie, Paris, Plon, 1993, 530 p.
Stéphane Mourlane, « Les Italiens en France : jalons d’une migration » sur le site du Musée de l’histoire de l’immigration. Consulté le 29 septembre 2026.


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