Vue du jardin Missak et Mélinée Manouchian, Marseille
Légende :
Photo du jardin Missak et Mélinée Manouchian, boulevard Charles Livon, Marseille, 7e arrondissement.
Genre : Image
Type : Photographie
Producteur : MUREL PACA
Source : © collection privée Droits réservés
Lieu : France - Provence-Alpes-Côte-d'Azur - Bouches-du-Rhône - Marseille
Analyse média
Le jardin Missak et Mélinée Manouchian est un lieu de mémoire qui s'est enrichi au fil des années(voir contexte historique). Il se compose d'une stèle portant le nom des 23 résistants et résistante FTP-MOI condamnés à mort en février 1944 à Paris(album a), d'un buste de Missak Manouchian (et de deux panneaux, l'un expliquant pourquoi ce lieu a été choisi pour honorer la mémoire des FTP-MOI du « groupe Manouchian », l'autre donnant des éléments historiques sur les FTP-MOI parisiens, la répression qu'ils ont subie ainsi que des extraits des lettres d'adieu de quelques condamnés.
Sylvie Orsoni
Contexte historique
Pourquoi un lieu dédié aux combattants FTP-MOI parisiens
Les anciens résistants marseillais et les associations mémorielles qui soutinrent et prolongèrent leur action tenaient à ce que le rôle des étrangers et des immigrés dans la Résistance soit rendu visible. Pourquoi avoir choisi des parisiens,le « groupe Manouchian », alors que nombre d'étrangers et immigrés ont combattu à Marseille dans les rangs de la Résistance au sein des FTP-MOI puis des FFI lors des combats de la Libération ? Les 23 condamnés à mort de février 1944 sont passés à la postérité du fait même des autorités allemandes qui ont conçu « l'affiche rouge » voulant les stigmatiser. Le poème de Louis Aragon, « Stances pour se souvenir » puis la chanson de Léo ferré ont au contraire contribué à les magnifier et perpétuer leur souvenir.
Pourquoi ce lieu ?.
D'anciens résistants marseillais, qui pour certains anciens FTP-MOI de la région,prirent l'habitude de se réunir chaque dernier samedi de février dans ce qui était le belvédère de l'Anse de la réserve pour rendre hommage à leurs camarades FTP-MOI, arrêtés par la police française et condamnés à mort par le tribunal militaire allemand à Paris du 15 au 18 février 1944. Les hommes furent exécutés le 21 février alors que Olga Bancic, était transférée dans une prison allemande et décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.
L'évolution du lieu
Des démarches furent entreprises auprès de la ville de Marseille par l'ANACR(Association nationale des anciens combattants de la Résistance) et l'association des anciens combattants et résistants français d'origine arménienne(AACROA) afin que ce modeste jardin soit dédié à la mémoire de Missak Manouchian et de ses camarades. Le conseil municipal lors de sa séance du 1er octobre 1984 décida de donner à ce jardin le nom de Missak Manouchian, chef militaire des FTP-MOI parisiens. L'inauguration eut lieu le 17 novembre 1984 en présence du maire de Marseille, Gaston Defferre.
Le 25 février1989, à l'initiative de l'ANACR, une stèle fut érigée. L'inscription JARDIN MISSAK MANOUCHIAN 1906-1944 CHEF d'un GROUPE de RESISTANTS EN FRANCE FUSILLES PAR LES NAZIS AVEC SES COMPAGNONS comprend le nom des 23 condamnés à mort dont Olga Bancic bien qu'elle n'ait pas été fusillée, pour garder l'unité du groupe.
Le 20 février 2010, lors de l'hommage annuel,à l'initiative de la Jeunesse arménienne de France (JAF) le buste de Missak Manouchian, réalisé en Arménie, fut installé à la droite de la stèle.
A l'approche de la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian ainsi que de leurs compagnons, un collectif comprenant le comité de Marseille de l'ANACR, l'AACROA, la JAF, l'association des Amis du groupe Marat(nom pris par le détachement FTP-MOI de la région) et Femmes solidaires proposèrent à la ville de Marseille de compléter le dispositif mémoriel. La mairie centrale et la mairie des 1er et 7e arrondissements ont mis en œuvre le projet. Deux panneaux furent réalisés(voir analyse du média), le panneau d'entrée fut complété pour rappeler la panthéonisation du groupe et l'action de la municipalité de Marseille
L'inauguration eut lieu le samedi 24 février 2024 en présence du maire de Marseille, Benoit Payan, du consul général d'Arménie et du haut-commissaire aux affaires de la diaspora de la République d'Arménie, de nombreux élu-e-s, responsables associatifs et un vaste public.
Sylvie Orsoni
Sources
Le Provençal, 18 novembre 1984, p.3
Archives du comité de Marseille de l'ANACR
Dossier présentant le projet de rénovation du jardin, 2023-2024, association des amis du groupe Marat


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