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Monument et plaques commémoratives d'Urcy (Côte d'Or)

Légende :

URCY – Entrée du village – Départementale D 35 – Monument « Maquis « LIBERTE » - 2 plaques commémoratives 1944 – 1 plaque 14/18

Genre : Image

Type : Stèle et plaques

Producteur : Jean-Pierre Petit

Source : © Geneanet Droits réservés

Détails techniques :

Photographies numériques en couleur

Date document : 1er avril 2015

Lieu : France - Bourgogne - Franche-Comté (Bourgogne) - Côte-d'Or - Urcy

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Analyse média

MAQUIS « LIBERTE »
FRANCAIS SOUVENEZ VOUS QUE
SIMON, ROGER (Tué au combat du Leuzeu le 30.7.1944)
BENOIT, Paul - BILLARD, Valbert (lâchement assassinés en ce lieu le 25.7.1944)
BRETON, Claude - LORENZON, Louis – DUSCH, Gaston (Disparus le 1.8.1944)
MODOT, Georges – SIMONOT, Henriette – DEMOREY, Albert (Déportés morts dans les bagnes nazis)

SONT TOMBES EROIQUEMENT
DANS LES RANGS DE LA RESISTANCE
FRANCAISE POUR LA LIBERATION
DE LA PATRIE

Deux plaques :

ICI EST MORT POUR LA FRANCE BENOIST, PAUL LACHEMENT ASSASSINE PAR LA MILICE LE 25 JUILLET 1944
ICI EST MORT POUR LA FRANCE BILLARD, VALBERT LACHEMENT ASSASSINE PAR LA MILICE LE 25 JUILLET 1944


Contexte historique

Le 3 juillet 1944, le maquis Koening décide de s'appeler « LIBERTE ». Le maquis mène des actions d'envergure contre l'occupant. Mais des évènements vont se précipiter. A la suite d'une dénonciation aux miliciens par un traître, le 18 juillet, le village d'Arcey est encerclé par les Allemands et les miliciens. Une dizaine de personnes seront arrêtées, 4 déportées. Le maquis décide de quitter les emplacements et va s'installer à la ferme du « Leuzeu ». Le déplacement se fait non sans mal, par des chemins accidentés, nuit noire et lourdement chargé. Arrivé à destination et après un repos de 2 heures, le maquis procède à l'installation et à la défense du camp. Pendant tout le mois de juillet, l'activité du maquis est très intense (embuscades, sabotages etc..). Malgré les précautions prises , cela ne pouvait qu'attirer l'attention des forces ennemies, plus particulièrement de la milice de Vichy chargée de « basses besognes » qui consistait, moyennant forte rétribution, à rechercher et arrêter les résistants et ceux qui les aidaient. C'est ce qui devait malheureusement se produire le 25 juillet 1944 en fin de matinée à Urcy.

Le 25 juillet, à 12h30, BILLARD et BENOIST, du maquis, sont sauvagement abattus par trois miliciens embusqués à Urcy. Immédiatement, des patrouilles partent pour mettre la main sur ces miliciens. Mais ces trois individus se sont enfuis en voiture. Les jours suivants restent très agités dans le secteur. Accrochages avec les Allemands, menaces de la Milice. C'est grâce au commando britannique SAS que le maquis Liberté va bénéficier d'un important parachutage d'armes dans la nuit du 27 au 28 juillet 1944. Les résistants ont récupéré une force de frappe qui sera décisif dans la bataille qui va s'engager.

Le samedi 29 juillet, rentrant d'une mission de ravitaillement, un groupe du maquis Liberté décide faire une halte à Dijon, rue des tanneries, où devaient se trouver les trois miliciens. L'un d'eux, en train de se laver les mains, laisse voir, par sa veste entrebâillée, la crosse d'un revolver. Le chef du groupe saisit sa mitraillette et fait feu. Un des fuyards est abattu, les deux autres s'enfuient. Un des membres du groupe les rattrape et ils sont faits prisonniers. A la suite des accrochages de Dijon, les responsables du maquis Liberté s'attendaient à une attaque.

LA BATAILLE DU LEUZEU 30 JUILLET 1944

FORCES EN PRESENCE :
MAQUIS :
– 3 sections du maquis : 70 hommes
– 22 parachutistes anglais.
– 1 groupe du maquis Madagascar : 36 hommes

ENNEMIS :
– Miliciens : 400 hommes venus de Paris
– 30 hommes de Dijon.

Le dimanche 30 juillet, le camp est attaqué à 6h du matin. Le poste avancé donne l'alarme et abat les premiers miliciens venus en éclaireurs. Le groupe « Madagascar » riposte par un feu nourri d'armes automatiques. Un milicien est abattu. Le chef de la Milice, surpris par ce contre-temps, donne l'ordre de se replier et de regagner Dijon à pied. Les pertes du maquis sont d'un tué et 3 blessés légers. Ces derniers furent évacués sur la ferme Simonot à Clémencey. Prévoyant qu'une attaque massive se renouvellerait avec des moyens beaucoup plus puissants, le chef du maquis fait évacuer le camp dans le nuit du 30 eu 31 juillet. Comme le craignaient les résistants du maquis « Leuzeu », la réaction de l'ennemi, après la défaite de la Milice, va être immédiate. Ce sont les Allemands qui prennent la direction des opérations. Avec les miliciens de Darnand, et des miliciens du SD, ils vont intervenir le 1er août par une attaque en force sur le Leuzeu. Ils partent de Fleurey (9 cars) et de Chamboeuf (9 cars) pour une manœuvre en tenaille. Mais les résistants ont quitté les lieux. A la suite d'une méprise, l'ennemi se tire dessus faisant de nombreux blessés. Furieux, les Allemands vont terroriser les habitants de Clémencey. Tous les hommes sont rassemblés et alignés contre le mur de l'église, sous haute garde de soldats allemands. C'est alors qu'un petit groupe d'Allemands amène sur place deux hommes et une femme. Les deux hommes sont des maquisards dont l'un est blessé et la jeune femme est Camille-Henriette Simonot. Elle vient d'être surprise par les Allemands alors qu'elle soignait le blessé. A 16h la ferme Simonot est incendiée. A 20 h, les hommes du pays, enfin libérés, sont rentrés chez eux. Les résistants capturés à Clémencey seront exécutés mais lieu et date ignorés. Camille-Henriette Simonot sera déportée au camp de Torgau (Allemagne). Enregistrée sous le N° 57920RA, elle sera dirigée sur Ravensbrück où elle décédera le 4 ou le 20 avril 1945.

Après s'être installés près de la ferme de Rolls, base du commando anglais, les maquisards du maquis « LEUZEU » et le groupe « MADAGASCAR » sont loin d'être tranquilles. Le 1er août, ils entendent en direction de Chamboeuf, des rafales d'armes automatiques. Et un maquisard raconte avoir vu passer 40 camions allemands. Le groupe Madagascar décide de quitter la compagnie Liberté et retrouver son autonomie. Il s'installe sur les hauteurs de Remilly. De ce lieu, il continuera les actions jusqu'à quatre embuscades par jour avec un bilan impressionnant de 81 Allemands et 7 miliciens tués. Le 10 septembre, fort de 140 hommes, il s'intègre dans les opérations sur Dijon et participe à la Libération de Dijon le 11 septembre 1944. De son côté le maquis Liberté , toujours très menacé, quitte le ferme Rolls dans le nuit du 7 au août. Début septembre, la compagnie Liberté s'installe à Messigny, d'où, forte de 900 hommes, elle participera elle aussi aux opérations de libération de Dijon.


Jean-Pierre Petit
D'après les témoignages d'anciens résistants du maquis Liberté