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Plaque à la mémoire de Maxime Guillot, Dijon (Côte-d'Or)

Légende :

Plaque apposée à Dijon, à l'angle du parvis Saint-Philibert et de la rue Condorcet, à la mémoire de Maxime Guillot, Compagnon de la Libération.

Genre : Image

Type : Plaque commémorative

Producteur : Jean-Pierre Petit

Source : © Collection Jean-Pierre Petit Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur

Date document : 2 décembre 2014

Lieu : France - Bourgogne - Franche-Comté (Bourgogne) - Côte-d'Or - Dijon

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Analyse média

"Dijon
à
Maxime GUILLOT
Né le 1er janvier 1900 à Bruailles (71)
Pionnier de la Résistance
Responsable de parachutage(BOA)
Blessé grièvement en ce lieu par la Gestapo
le 29 janvier 1944

Il préféra s'achever plutôt que
de tomber vivant aux mains de l'ennemi."


Contexte historique

Fils d'aubergistes, Maxime Guillot est né le 1er janvier 1900 à Bruailles (Saône-et-Loire). Il perd sa mère à l'âge de 7 ans et obtient son certificat d'études primaires en 1912. Il commence à travailler dans les fermes environnantes jusqu'à son service militaire. Incorporé en 1920 au 3e Régiment d'Infanterie à Belfort, il sert ensuite au Maroc. Démobilisé en 1922, il entre à la SNCF comme manoeuvre aux ateliers de Dijon Perrigny. Militant socialiste, il achète avec son épouse Lucie, dans les années trente, un café à Chenôve en Côte d'Or puis un café restaurant, le Grand Saint Vincent.

Mobilisé sur place en 1939, aux ateliers de Perrigny, il reçoit l'ordre de se replier dans le Rhône puis, après l'Armistice, reprend la direction du Grand Saint Vincent. Il se sert de son établissement pour héberger, habiller et faire passer en zone libre des prisonniers français internés au camp de Longvic. Dès le début de 1941 la résistance s'organise et Maxime Guillot établit un étroit contact avec les organisations de résistance de cheminots ainsi qu'avec des éléments de groupes francs. En 1943, sous le nom de Julien, il organise et dirige de nombreux sabotages avec le groupe d'action immédiate dit "Groupe Charlie", qui se distingue au cours des mois de juin et de juillet par ses opérations de sabotage des câbles téléphoniques et des réseaux de Télécommunication. En juillet 1943 il s'engage également dans le Bureau des Opérations aériennes (BOA) de la Région D où il est rapidement chargé de diriger les opérations aériennes dans le département de Saône-et-Loire. Sa tâche est de trouver des terrains favorables aux parachutages d'armes, munitions, matériel, essence… Il déploie dans ce secteur une activité inlassable et constitue un important réseau de terrains. Le mouvement de résistance OCM (Organisation civile et militaire) le nomme officier, chargé de mission des Forces françaises combattantes. 

Toutes ces activités le font bientôt rechercher par la Gestapo à laquelle, aux mois de novembre et décembre 1943, il échappe de justesse à plusieurs reprises. Malgré la responsabilité d'une famille nombreuse et des risques toujours accrus, Maxime Guillot refuse d'abandonner son poste et les sabotages succèdent aux sabotages. Au mois de janvier 1944, il tombe dans une souricière, montée par la Gestapo à Chagny. Appréhendé, il n'hésite pas, au moment de monter en voiture, à sortir le revolver qu'il avait réussi à dissimuler et à abattre un des Allemands, en blessant un deuxième. Bien que blessé lui aussi, il parvient à s'échapper sous le tir de l'escorte des policiers. Toute la région est mise en état d'alerte pour le retrouver. Quinze jours plus tard, le 29 janvier, il est de nouveau cerné dans un café de Dijon, le Brocot, où il se rendait à un rendez-vous avec des responsables du BOA. Une fois encore, il joue le tout pour le tout, abat deux Allemands. Blessé aux jambes, il tombe et se voit sur le point d'être pris. Avec un sang-froid extraordinaire, il avale un important document dont il était porteur et se tire une balle dans la tête pour éviter de donner des renseignements à l'ennemi ainsi qu'il l'avait maintes fois répété à ses camarades.

Ses obsèques, le 2 février 1944, au cimetière de Chenôve, se déroulèrent devant plusieurs milliers de personnes. Le maire de Chenôve, Michel Naudot, rendu responsable par la Gestapo de cette manifestation patriotique, est arrêté. Il mourra en déportation.