Franck SIDNEY



Alias "Melbourne"

Etat-civil

Né(e) le/en 17/08/1908 à Paris


Profession en 1940 : Gérant d'hôtel-restaurant
Domicile en 1940 : Clermont-Ferrand (63)

Résistance

Lieux d'action : Puy-de-Dôme
Organisation de Résistance : Mithridate

Arrestation et détention

Date d'arrestation : 23/03/1944
Lieu de détention : Prison du 92e RI à Clermont-Ferrand, Compiègne, Drancy
Commentaires

Franck Sidney est mobilisé le 4/9/1939 dans l' unité du Train n°14 à Livron (Drôme). Classé Service Auxiliaire, il est affecté aux cuisines. Il sera démobilisé au dépôt de guerre du train n°17. Il rentre chez lui le 25/7/1940. Il effectue un service militaire de 18 mois au 6e chasseurs alpins. Depuis 1937 il exploite avec sa femme (décédée en mai 1940) un bar hôtel restaurant situé au 30 rue Niel à Clermont-Ferrand. L’architecture du 30, rue Niel présente une façade anodine avec un genre de jardin à l’arrière, au fond duquel se situe un bâtiment très discret. Là seront hébergés dès 1941, les officiers anglais parachutés qui viennent organiser la Résistance intérieure et, sans doute, l’embryon du réseau Mithridate. Sa principale occupation sera « l’intendance » pour assurer le quotidien des "clients" du restaurant. Rue Niel, un poste émetteur est planqué dans les combles. Mais toutes ces occupations d’accueil et de renseignement finissent par être devinées. La police allemande se doute d’activités clandestines. Il sera dénoncé par sa belle-sœur qui tient un restaurant en face de la gare de Gannat. Il est averti par un membre du réseau. Il entreprend rapidement de céder son fonds de commerce (août 1943 ?). Plus tard, il apprendra les noms de ses dénonciateurs qui seront traduits devant la justice. Pour l’instant, en mai-juin 1943, il s’évanouit dans la nature. Le lendemain de son départ de la rue Niel, c’est le nouveau propriétaire du fonds de commerce qui accueillera les occupants des « tractions avant noires » (Citroën traction avant) de sinistre mémoire ! Après une métamorphose complète : moustache, bouc et cheveux noirs, lunettes à verres teintés, il circule à vélo et ne couche pas deux nuits de suite au même endroit. Il retrouve la Haute Auvergne et les lieux qu’il connaît parfaitement. Il se remarie le 15/11/1943 à la mairie de Clermont-Ferrand. Il est arrêté à son domicile le 23 mars 1944, emprisonné dans les locaux du 92ème Régiment d’Infanterie, rue Pélissier. Il passera 19 jours dans un cachot dans le noir le plus complet. Puis il sera transféré trois fois dans la sinistre villa du 2, Avenue de Royat où se passent les interrogatoires musclés : « le sang me sortait par tous les trous de ma tête ! ». A son retour, il évoquera les bains d’eau glacée, les électrisations, les allumettes enfoncées sous les ongles, les brûlures de cigarettes…Il va rester là trois longs mois pour des interrogatoires sur les noms de tous ceux qu’il a côtoyés rue Niel, trois mois pendant lesquels il s’organisera pour correspondre avec sa femme par feuillets de papier à cigarette préalablement écrits puis roulés et glissés dans les ourlets des draps, serviettes de toilette, mouchoirs, etc… que les prisonniers peuvent faire blanchir à l’extérieur. Cela occasionne des allers et venues de colis qui permettent de passer quelques victuailles. Ces messages sont très émouvants et démontrent la vitalité de cet interné qui tiendra bon, ne livrera sous les tortures aucun de ses camarades de clandestinité. Agent S1 du 1/12/1942 au 31/9/1943 FFC Lieutenant P2 du 1/10/1943 au 20/8/1944 réseau Mithridate Il a quitté la caserne du 92ème RI (Régiment d’infanterie) et a été embarqué à Clermont le jeudi 8 juin 1944 pour une destination inconnue. Une carte écrite ce jour-là, abandonnée sur le quai d’une gare aux bons soins d’un passant l’atteste. La personne qui l’a trouvée, l’a postée à Paris, Gare de Lyon (PLM) le 10/6/1944. Il répète deux fois qu’il a bon moral car il sait que le débarquement des Alliés a eu lieu ! Parti de Clermont-Ferrand, il arrive à Compiègne. Il est enfermé dans une cellule avec un compagnon inconnu qui se dit juif (possiblement Raphael Feigelson). A cette époque, on ignore, en France, tout ce qui se passe en Allemagne. Mais ce compagnon (bien informé semble-t-il) persuade mon père d’éviter par tous les moyens d’y partir car « on n’en reviendra pas » et puis la Libération est proche. Ce « bienfaiteur » dont mon père aura toujours ignoré la destinée, lui indique alors une possibilité : « avec un nom et un prénom comme tu as, tu peux te faire passer pour juif, et, marié à une française, tu seras expédié à Drancy où sont regroupés les prisonniers de cette catégorie. Les recherches d’ascendance permettront de gagner du temps ! ». Il arrive à Drancy, le 6 juillet. Par lettre du 13/7/1944, le bureau de liaison du camp d’internement de juifs à Drancy, demande à l’Assistance Publique si le susnommé Sidney Finck est considéré comme étant de race aryenne. La réponse précise qu’il s’agit de Funch (et non de Finck) et que les enfants trouvés sans indication de race, religion ou ascendants (ce qui est faux dans son cas puisque l’on connaît le nom de sa mère) sont considérés de race aryenne. Le camp sera libéré par les Américains avant le départ du dernier train dans lequel il aurait dû monter. (Enfant abandonné à l'âge de trois semaines, nos recherches récentes ont permis de retrouver sa famille d'origine qui était à 100% juive...)


Décorations et récompenses

  • Médaille de la Résistance française
Sources et bibliographie utilisées

Service historique de la Défense, Vincennes - 16p547917 (non consulté) ; Service historique de la Défense, Caen SHD/ AC 21p675044 (non consulté). Informations, photos et documents confiés par la famille (février 2026).


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Identification
Lettres des Allemands
Carte d'Interné résistant
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