Répartition des détenus politiques par pays de naissance

Légende :

La part des détenus étrangers incarcérés à Eysses est de 12,4%, contre 87,6 % pour ceux nés en France.

Genre : Image

Type : Graphique

Source : © Corinne Jaladieu, La prison politique sous Vichy. L’exemple des centrales d’Eysses et de Rennes Droits réservés

Détails techniques :

Camembert en couleur.

Date document : 2011

Lieu : France - Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine) - Lot-et-Garonne - Villeneuve-sur-Lot

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Analyse média

La part des détenus étrangers qui est de 12,4% révèle une surreprésentation par rapport à leur place dans la société française, évaluée à 7% en 1936. Certes leur poids, notamment celui des réfugiés, s’est accru depuis 1936, mais nous pouvons expliquer ce phénomène par l’engagement d’une catégorie particulièrement visée par l’idéologie et la politique xénophobe de Vichy et de l’occupant ; les politiques étrangers sont nés pour la grande majorité (42,6%) en Espagne. Il s’agit pour la plupart de républicains exilés en France qui ont poursuivi le combat dans la Résistance sur le sol français avant d’être arrêtés. On retrouve, loin derrière, les deux principaux pays d’origine des immigrés français des années trente : les Italiens (15,3%) et les Polonais (8,3%).

Les détenus en provenance de colonies ou protectorats français (et qui ne sont donc pas étrangers) sont très faiblement représentés et viennent surtout d’Afrique du nord. On note également la présence de réfugiés antifascistes allemands ou autrichiens qui forment l’essentiel des 3% d’étrangers nés en Allemagne et en Autriche. Prenons le cas de Jules Bloch, né en 1925 à Fribourg, il quitte l’Allemagne avec ses parents d’origine juive en 1933, pour Strasbourg où il accomplit ses études primaires et secondaires ; lors de la déclaration de guerre, il est évacué à Périgueux, où il s’inscrit à l’école technique de l’ORT section électronique en 1940. Cette école devient un terreau d’engagement pour la Résistance et début 1943, il entre dans le maquis de l’AS : Mireille, près de Saint-Albère.


D'après l'ouvrage de Corinne Jaladieu, La prison politique sous Vichy. L’exemple des centrales d’Eysses et de Rennes, L’Harmattan, 2007.