Voir le recto

Tract électoral de Pierre Brossolette, octobre 1934

Légende :

Tract électoral de Pierre Brossolette, élections cantonales d'Ervy-le-Châtel

Genre : Image

Type : Tract

Source : © Archives départementales de l'Aube, 21J549 Droits réservés

Détails techniques :

Tract imprimé recto-verso

Date document : Octobre 1934

Lieu : France - Grand Est (Champagne-Ardenne) - Aube - Ervy-le-Châtel

Ajouter au bloc-notes

Contexte historique

Du fait de ses origines familiales, Pierre Brossolette jette son dévolu sur la fédération SFIO de l’Aube en 1931. Il est déçu du journalisme mais porte haut les valeurs de gauche inculquées par son père. Et il a toujours des attaches locales fortes. Coincée entre des communistes, des radicaux puissants et Le Rappel, fondé par René Plard, communiste dissident et maire de Troyes, la SFIO est d’une faiblesse patente. Dans ces circonstances, Émile Clévy accepte d’autant mieux l’arrivée de deux recrues de choix. Ce 20 décembre 1931, au congrès fédéral, il présente Jacques Grumbach, envoyé par les instances nationales pour « développer la propagande socialiste dans l’Aube », et Pierre Brossolette, chargé d’assainir la situation financière du journal de la fédération, Le Travailleur.

Adhérent de fraîche date à la SFIO, il ne peut se présenter aux législatives de 1932. Il assiste alors Émile Clévy, candidat dans la deuxième circonscription. Clévy est battu. Brossolette a déjà suffisamment d’influence pour imposer un texte laconique qui n’appelle pas au désistement en faveur d’un candidat de gauche particulier. Ce sera toujours sa conduite : ne favoriser ni les radicaux, ni les candidats du Rappel de René Plard et encore moins les communistes. C’est un désamour paradoxal avec les radicaux chers à son père !

Cet engagement local contraint Brossolette à revenir dans l’Aube toutes les fins de semaine. Mais c’est à ce prix qu’il prend rapidement de l’envergure au sein de la fédération. En février 1934, il se présente aux cantonales à Ervy-le-Châtel. La campagne est lancée par un tract de son père, abondamment distribué. « Comme son grand-père, comme mon père , (Pierre Brossolette) est un homme qui ne faiblit et ne trahit jamais. ». Mais Brossolette est battu.

Cet échec n’empêche pas Brossolette de gravir les échelons au sein de la fédération socialiste de l’Aube : le 2 février 1935, au Café de Paris, place Jean-Jaurès, il est élu secrétaire fédéral. Il sera réélu l’année suivante. Aux législatives de 1936, il brigue la seconde circonscription. Dans un affrontement frontal, il aurait peut-être été élu. Les radicaux et Le Rappel font barrage : il est à nouveau battu.

À partir de 1936, Brossolette est pris par ses fonctions de chroniqueur à la Radio nationale, poste qu’il doit à son talent et à l’amitié de Léon Blum. S’il "vide les lieux", il demeure fidèle à la fédération SFIO de l’Aube. 


J.-M. Van Houtte, "Pierre Brossolette, héros aubois", L'Est éclair, 23 février 2014.
Guy Perrier, Pierre Brossolette, le visionnaire de la Résistance, Paris, Hachette, 1997