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Monument en hommage à l'opération Frankton, Saint-Georges-de-Didonne (Charente Maritime)

Légende :

Monument érigé près du phare de Saint-Georges-de-Didonne et inauguré le 22 mai 1992, à l'occasion du 50e anniversaire de l'opération Frankton.

Genre : Image

Type : Monument

Producteur : Suviane

Source : © Geneanet Droits réservés

Détails techniques :

Photographies numériques en couleur

Lieu : France

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Contexte historique

L'opération Frankton désigne une opération de sabotage menée au mois de décembre 1942 par une douzaine de soldats anglais dans les ports de Bassens et de Bordeaux.
Cette opération maritime est rendue possible grâce aux indications fournies par le réseau Alliance aux services de renseignements britanniques.

Le "commando sur la Gironde", sous le commandement du lieutenant-colonel Hasler, est largué d'un sous-marin au large de Montalivet, près de l'estuaire de la Gironde, et doit remonter la Gironde dans six kayaks de mer pour aller poser des mines magnétiques sur les forceurs de blocus allemands. Deux membres du commando restent à bord du fait d'un kayak non utilisable. L'opération débute à l'aube du 7 décembre, lorsque l'équipage prévu pour réaliser l'opération est largué en mer, du sous-marin britannique HMS Tuna.

Sur les dix soldats débarqués en mer, seulement deux regagnent l'Angleterre à la fin de la mission. En effet, deux disparaissent en mer après que leur kayak ait chaviré dès la mise à l'eau ; il s'agit de Sheard, dont le corps n'a jamais été retrouvé, et Moffatt, dont le corps est retrouvé le 17 décembre sur les plages du Bois-en-Ré.
Six de ces soldats sont capturés et fusillés. Les deux premiers, Wallace et Ewart, perdent le reste de la troupe dès minuit le premier soir et sont capturés le 8 décembre et fusillés le 12 à Blanquefort. Au lever du jour, deux autres soldats, Mac Kinnon et Conway, manquent à l'appel ; ils se font arrêter près de La Réole le 18 décembre et sont fusillés à Paris le 23 mars 1943.
Enfin, les quatre soldats restant, Hasler, Sparks, Laver et Mills, doivent achever leur mission coûte que coûte.
Après quatre jours à remonter l'estuaire, les quatre hommes arrivent le 11 à l'aube sur la rive gauche de la Garonne, en face de Bassens, cachés dans des roseaux. Ils passent la journée à préparer l'attaque et à se reposer, ils se séparent, à la nuit, en deux équipes ; l'une suit la Garonne jusqu'aux quais de Bordeaux, l'autre la traverse vers Bassens. La première équipe arrive à fixer ses mines sur trois navires et un pétrolier, et la seconde sur deux autres navires. Toutes les mines explosent à partir de 7 heures le matin suivant, endommageant quatre navires : l'Alabama, le Portland, le Dresden, et le Tannenfels.

Une des équipes, Albert Laver et William Mills, est arrêtée à Montlieu-la-Garde sur dénonciation avant d'avoir atteint son contact à Ruffec en Charente. En effet, les deux marins anglais en uniforme, réfugiés dans une grange isolée, se font vite repérer et sont dénoncés à la gendarmerie par G., le propriétaire de cette grange. L'adjudant commandant la brigade de Montlieu charge Gaujean d'aller les prévenir avant qu'il arrive pour les arrêter, mais G. s'y oppose. Les deux hommes sont incarcérés le 18 décembre 1942 à la prison de Saintes, avant d'être transférés à Bordeaux puis à Paris où ils sont exécutés le 23 mars 1943 avec leurs camarades précédemment cités.
Seuls les majors Hasler et Sparks arrivent à leur destination, dans un restaurant de Ruffec. Ils sont alors pris en charge par un réseau de résistants qui les dirige vers Lyon, d'où ils arrivent à atteindre l'Espagne et rejoindre l'Angleterre.

Le major Hasler connut après la guerre une vraie célébrité dans le monde de la voile en créant  la course transatlantique en solitaire qui fut gagnée notamment  par Chichester en 1960 et par Eric Tabarly  en 1964.


Agnès Boizumeau in CD-ROM La Résistance en Charente-Maritime, AERI, 2010