Plaque apposée sur la maison d'Albert Chambonnet, Bessège (Gard)

Légende :

Une plaque est apposée sur la maison d'Albert Chambonnet "Didier" (n°39 de la rue éponyme), chef de la Résistance en région Rhône-Alpes, fusillé par les Allemands le 27 juillet 1944 à Lyon. Parrain d’une promotion de l’École de l’Air, le colonel Chambonnet fut une des grandes figures de la Résistance dans l’armée française.

Genre : Image

Type : Plaque commémorative

Source : © Mémoire et Résistance dans le Gard Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur

Date document : 2016

Lieu : France - Occitanie (Languedoc-Roussillon) - Gard - Bessège

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Contexte historique

Albert Chambonnet est né le 4 octobre 1903, à Bessèges, au nord du bassin houiller alésien. Il est issu d'un milieu ouvrier : son père était un mineur syndicaliste.

La carrière militaire
A 18 ans, il s'engage dans l'armée pour quatre ans et devient officier mécanicien dans l'aviation. Après avoir été reçu à différents concours, il est promu lieutenant en octobre 1935, puis est affecté à la Direction du matériel aérien militaire de l'armée de l'Air. En mars 1940, il est nommé capitaine et affecté au Grand Quartier Général aérien, à différentes bases aériennes, avant d'être muté, en mars 1942, à celle de Bron, dans le Rhône. Placé en congé d'armistice  fin novembre 1942, il est promu commandant en janvier 1943, lieutenant-colonel en novembre 1943 et colonel en avril 1944.

L'entrée en Résistance 
Malgré l'armistice, A. Chambonnet est déterminé à continuer la lutte. D'abord membre du mouvement Le Coq Enchaîné, il prend ensuite contact, dès son arrivée à la base de Bron, avec Claudius Billon, puis Henry Frenay, dirigeants de Combat. Par ailleurs, ses liens avec la franc-maçonnerie le mettent en relation avec des loges lyonnaises engagées dans la Résistance, comme "l'Asile du Sage", avec Pierre Cavieux, ou "Solidarité Lyonnaise", dirigé par Jules Amouroux. Après avoir organisé un groupe de Résistance à l'intérieur de la base, il est appelé à exercer des responsabilités croissantes au sein de Combat. Sous le pseudonyme de "Védrines", il est nommé chef d'état-major régional de l'Armée secrète en Rhône-Alpes en juillet 1942, avant d'en devenir le chef régional en octobre 1943.

Le chef régional des FFI
Recherché par la police dès mars 1943, il participe à l'organisation de son mouvement, avec la création des MUR (Mouvements unis de Résistance) en mai 1943, puis au rapprochement avec les autres mouvements de Résistance. Ainsi, fin octobre 1943, il parvient à placer sous un commandement unique l'AS, l'ORA (Organisation de Résistance de l'Armée) et les principaux maquis régionaux existants. Après avoir signé un accord avec les dirigeants FTP (Francs tireurs et partisans) pour des actions communes, il est nommé chef régional des FFI (Forces françaises de l'intérieur) en janvier 1944. Tout en s'efforçant de structurer et d'armer les maquis, comme ceux des Glières, il organise les TSI, Troupes spéciales insurrectionnelles dans les usines de la région lyonnaise.

L'exécution
La police allemande, qui a mis sa tête à prix pour un million de francs, parvient à l'arrêter le 10 juin 1944. Malgré les tortures de la Gestapo, A. Chambonnet ne livre pas de renseignements sur l'organisation qu'il a contribuée à mettre en place : il est condamné à mort. La Résistance lyonnaise tente alors de le sauver en envoyant un ultimatum au chef de la Gestapo. Mais, le 27 juillet 1944, après un attentat, place Bellecour, contre un café fréquenté par les Allemands, il est choisi par les autorités allemandes pour être exécuté, sur les lieux mêmes de l'attentat, avec Gilbert Dru, Léon Pfeiffer et Francis Chirat. Il meurt en criant : "Vive De Gaulle, vive la France

Sa ville natale, Bessèges, lui a rendu hommage, en baptisant de son nom une rue de la commune.

Décorations
: chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume ; compagnon de la Libération (décret du 28 mai 1945) ; croix de Guerre 1939-1945 avec palme de bronze.


Fabrice Sugier in CD-ROM La Résistance dans le Gard, AERI, 2009