Stèle à la mémoire de Pierre Colin, Nîmes (Gard)

Légende :

Une stèle située sur le rond point de la route d'Avignon-D.127-chemin de l'aérodrome, a été érigée à la mémoire du commandant Pierre COLIN, résistant, chef départemental de l'Armée Secrète de l'Hérault, arrêté le 8 octobre 1943 et fusillé à Lyon le 21 février 1944.

Genre : Image

Type : Stèle

Source : © Mémoire et Résistance dans le Gard Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur

Date document : 2016

Lieu : France - Occitanie (Languedoc-Roussillon) - Gard - Nîmes

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Contexte historique

Né le 11 août 1900 à Toul (Meurthe-et-Moselle), fusillé le 21 février 1944 au fort de la Doua (Rhône) ; officier d’active ; résistant ; membre de l’Armée secrète (AS) dans l’Hérault ; chef départemental.

Pierre Colin était le sixième et dernier enfant d’une famille protestante. Son père, capitaine d’infanterie, mourut à sa naissance. Il s’engagea le 11 août 1918 au 135e Régiment d’infanterie. Il était caporal à sa démobilisation en 1919 et entra à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1920. Bachelier-ès-sciences, sous-lieutenant en 1922, il fut classé dans l’aéronautique : élève pilote à Istres (Bouches-du-Rhône) en février 1923 puis à l’école des mécaniciens à Bordeaux (Gironde), au Centre d’études de l’aéronautique de Villacoublay (Yvelines) et à nouveau à Istres. Lieutenant, il fut affecté à Châteauroux (Indre) et participa aux opérations au Maroc en 1925-1926. Pierre Colin se maria en octobre 1926 à Metz (Moselle). Il était alors lieutenant d’aviation à Metz. Sa femme, Irène Girard, née à Paris (XVIe arr.) en mai 1908, était sans profession et domiciliée dans le XVIe arrondissement. Ils eurent deux enfants. Il fut nommé peu après à Strasbourg (Bas-Rhin) au 2e régiment d’aviation de chasse et nommé capitaine en 1929. Il fut, cette année-là, élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur. Il effectua une mission en Grèce en 1931 puis revint à Strasbourg en 1932. Muté à Tours (Indre-et-Loire) puis en 1936 à Marignane (Bouches-du-Rhône), il devint commandant d’escadre. En juillet 1937, il prit le commandement du groupe de chasse 1/8, et fut promu officier de la Légion d’honneur en 1940 pour « avoir remarquablement combattu au cours des opérations de mai et juin 1940 ». Affecté en 1941 à l’état-major du sous-secteur de défense aérienne du Sud-Ouest à Montpellier (Hérault), il entra en contact en 1942 avec des réseaux de renseignement : Ajax et Mithridate. En novembre 1942, il entra à l’Armée secrète (AS) puis au début de 1943 passa dans la clandestinité. Il prit comme pseudonyme Georges-Robert (prénoms de ses deux frères aînés) et en juin 1943 fut nommé chef départemental de l’AS pour l’Hérault. Il échappa en juillet à une arrestation. Il était domicilié rue de Verdun à Montpellier. L’un de ses adjoints, Pouponneau, fut arrêté le 8 octobre 1943 à Montpellier. Le soir même ce fut au tour de Pierre Colin d’être arrêté 9 rue Pasteur en même temps qu’une jeune femme puis de son adjoint Louis Maurel qui venait le rencontrer à son domicile clandestin. Incarcéré au fort d’Aurelles à Montpellier du 8 octobre au 8 décembre 1943 puis à la prison militaire de Montpellier du 8 décembre au 26 janvier, il fut condamné à mort le 7 janvier 1944 par le tribunal militaire allemand de France-Sud pour « espionnage, détournement de soldats allemands de leur devoir et attentats terroristes ». Transféré le 26 janvier 1944 au fort Montluc (Lyon, Rhône), il a été fusillé le 21 février au fort de la Doua.

Dans sa dernière lettre, conservée dans son dossier à Caen il écrit avoir été condamné à Montpellier le 17 janvier et être à Lyon avec deux camarades (Louis Maurel et l’adjoint d’intendance de l’air Pouponneau). On trouve aussi dans cette lettre des notations telles que : « Je pars en chrétien et en soldat confiant et serein. Qu’il soit pardonné à nos ennemis et que nos enfants ne soient pas élevés dans la haine... adieu à tous je vous embrasse en Jésus Christ ».

Son corps fut retrouvé dans le charnier de la Doua le 28 septembre 1945.


Jean-Pierre Besse pour le Maitron des Fusillés