Stèle à la mémoire de Léo Salomon, Saint Jean de Maruéjols (Gard)

Légende :

Une stèle près du pont de Tharaux rappelle le sacrifice de l’aspirant SALOMON Léon, mosellan d'origine, officier d'active qui rejoignit la 33e compagnie des Corps francs de libération (CFL). Il fut instructeur au Camp Bayeux et comme il parlait parfaitement allemand, il fut chargé d'amener les Alsaciens et Lorrains des T.O. à déserter. Démasqué, il fut fusillé le 24 août 1944.

Genre : Image

Type : Stèle

Source : © Mémoire et Résistance dans le Gard Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur

Date document : 2016

Lieu : France - Occitanie (Languedoc-Roussillon) - Gard - Saint Jean de Maruéjols

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Contexte historique

Né en 1915 à Phalsbourg, en Moselle, officier de réserve, Léon Salomon rejoint la 33ème compagnie des Corps-francs de Libération (CFL) "Bayeux" en juillet 1944 dont il devient un des instructeurs lorsque le groupe s'installe à la gendarmerie du Martinet à la mi-août 1944.

Dans son ouvrage consacré à l'histoire des camps Bayeux et Beaumont, leur chef, Louis Paul "capitaine Marin", raconte que L. Salomon, lui propose, à la mi-août 1944, d'intervenir auprès de troupes allemandes cantonnées dans le secteur pour les convaincre de déserter. Il avance deux arguments : il maîtrise parfaitement l'allemand et peut facilement entrer en contact et parlementer. De plus, certains contingents allemands du secteur sont composés pour une part importante d'Alsaciens et de Lorrains enrôlés de force après l'annexion de ces provinces par les Allemands. Louis Paul hésite, puis, après avoir interrogé quatre prisonniers allemands, décide d'autoriser L. Salomon à tenter cette démarche.

Le matin du 24 août 1944, l'aspirant L. Salomon se rend donc à Saint-Jean-de-Maruéjols (25 kilomètres au nord d'Alès) pour établir le contact avec des soldats de la Wehrmacht ; mais ensuite les responsables CFL perdent tout contact avec lui. Après enquête, L. Paul apprend qu'il a été aperçu ce 24 août à 16 heures en train de discuter avec un soldat allemand près de la ferme proche du Pont de Tharaux, à un kilomètre du village. Mais, démasqué, il a été "promené sur l'affût d'un canon, entouré d'un peloton de soldats en armes" et fusillé le jour même. Inhumé à la hâte, son corps est découvert le 28 août 1944 près de la ferme du Pont et transporté au cimetière de Saint-Jean-de-Maruéjols.

Nommé lieutenant à titre posthume, L. Salomon a fait l'objet d'une citation en vue de l'attribution de la Légion d'honneur. Une stèle a été érigée près du Pont de Tharaux pour commémorer son sacrifice.


Fabrice Sugier in CD-ROM La Résistance dans le Gard, AERI, 2009