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Plaque à la mémoire d'Octave Baron, Vézelay (Yonne)

Légende :

Plaque apposée sur mur du restaurant « Relais du morvan » - D.951 – Place du Champ de foire à Vézelay

Genre : Image

Type : Plaque commémorative

Producteur : Jean-Pierre Petit

Source : © Cliché Jean-Pierre Petit Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur

Date document : 27 août 2017

Lieu : France - Bourgogne - Yonne - Vézelay

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Analyse média

"ICI LE CITOYEN BARON A ETE TUE PAR LES ALLEMANDS LE 24 AOÜT 1944"


Contexte historique

Le 24 août 1944, en reconnaissance avec trois hommes, le capitaine Georges Moreau, chef du maquis Le Loup, se heurte à la sortie de Clamecy à une puissante colonne allemande : plus de 130 camions accompagnés d'automitrailleuses et de canons se dirigent vers Vézelay. Il a le temps de faire demi-tour et de donner l'ordre à la 2e section et à la section de bazookas de partir immédiatement en renfort à Vézelay. Il les y précède afin de prévenir la 2e compagnie qui est déjà sur place et a pris position dans la côte, de part et d'autre de la route de Clamecy. 

Monsieur Mandron était à l'époque transporteur à Vézelay, détenteur d'un Ausweis. Il a assuré des transports pour le maquis Le Loup sans jamais en faire réellement partie. Du haut de la colline, il a assisté au combat : " Les Allemands remontaient du sud dans des camions, ils tiraient sur Vézelay. Ils étaient arrêtés à l'entrée du bois à deux kilomètres et ils regardaient à la jumelle s'ils pouvaient passer. On les voyait très bien d'ici. Ils sont restés là une demi-heure, trois quarts d'heure (…) On leur avait déjà tiré dessus dans les tournants de la route du Maupas. Une voiture blindée était restée sur place, immobilisée (…) Il y avait des résistants à droite et à gauche de la route avec une mitrailleuse qui les arrêtait. Ils ont tiré sur la mitrailleuse et ont tué les mitrailleurs qui étaient là. Il y a eu beaucoup d'Allemands tués ; ils ont emmené leurs morts. Les maquisards ont eu eux aussi des pertes parce qu'ils étaient mal placés. Ceux qui les commandaient n'étaient pas des spécialistes militaires. Les Allemands sont arrivés à Vézelay, ils y sont restés environ une heure. Sur la place, ils tiraient un peu partout. Ils ont tiré sur le café, ils cassaient tout. Le propriétaire du café (Octave Baron) était dans la cave, il est monté voir ce qui se passait en haut. Les Allemands lui ont tiré dessus et l'ont tué. On l'a trouvé mort dans la cuisine".

Une lettre écrite par le sous-préfet Hedouin à Monsieur Picard de Mhère (Nièvre) le 26 novembre 1944 confirme ce témoignage : " Le 24 août, une colonne allemande venant de Clamecy s'est livrée à des actes de sauvagerie. Composée d'une soixantaine de véhicules, dont des blindés, elle a été prise à partie dès Clamecy par le maquis Le Loup (…) En passant à Vézelay, elle a brûlé deux maisons et tué deux ou trois hommes. La population avait quitté la localité ou se terrait dans les caves. Des grenades ont été jetées par les soupiraux mais on n'a eu à déplorer aucune mort de ce fait. L'hôtel Danguy a été pillé et un homme notamment (Octave Baron), arraché de la cave de cet établissement, a été tué à coups de revolver". 

Après cet épisode, le convoi reprend sa route en direction d'Avallon. Comme toujours, le bilan est difficile à établir : le maquis Le Loup a eu neuf tués et sept blessés. Les pertes ennemies sont estimées à 200 ou 250 par le capitaine Moreau, ce qui semble très exagéré. La Résistance a récupéré un important matériel : deux camions, deux camions à chenilles, un canon, six voitures légères, deux camionnettes et une quantité importante de munitions.


Jean-Claude Pers, "Bataille de Vézelay", CD-ROM La Résistance dans l'Yonne, AERI, 2004