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La prise de la Préfecture de Police : témoignages

Légende :

Témoignages de Roger Priou-Valjean, l'un des responsables du Comité de libération de la police parisienne, et d'Edgar Pisani, résistant du NAP (Noyautage des administrations publiques) puis chef de cabinet du préfet de police.

Genre : Film

Type : Témoignages vidéos

Source : © Avec l'aimable autorisation de Jorge Amat (http://www.dorianefilms.com) Droits réservés

Détails techniques :

Témoignages extraits du film de Jorge Amat, Les témoins de la libération de Paris, 2004

Date document : 2004

Lieu : France - Ile-de-France - Paris

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Contexte historique

Dans la matinée du 19 août, les membres du Conseil national de la Résistance (CNR) et ceux du Comité Parisien de Libération (CPL) se réunissent séparément dans les locaux du ministère de l'Éducation nationale situés rue de Bellechasse. Après débats et discussions séparés, vers 11 heures du matin, les deux organismes décident conjointement de lancer chacun un "appel à l'insurrection" qui est placardé dans Paris.
Par ailleurs, depuis le 10 août, les cheminots, puis les policiers le 15, sont entrés en grève. L'appel rédigé par le CPL proclame : 
"PEUPLE DE PARIS ! Le jour tant attendu est arrivé ! Les troupes françaises et alliées sont aux portes de Paris. Le devoir simple et sacré pour tous les Parisiens est de se battre. L'heure de l'insurrection a sonné. C'est Paris, capitale de la liberté, c'est Paris libéré par les Parisiens eux-mêmes qui accueillera les Alliés. Comme le Conseil national de la Résistance a appelé la nation entière à la lutte, le Comité parisien de la Libération vous appelle tous au combat. L'heure est venue de chasser l'envahisseur, l'heure est venue de proclamer une fois de plus la République à l'Hôtel de Ville. Les Cheminots, la Police et après eux les travailleurs de toutes les corporations ont déclenché la grève générale. AUX ARMES CITOYENS ! [...] Reprenez les Hôtels de Ville et les Maisons communes, où vont siéger les autorités de la République. Occupez les points stratégiques d'intérêt national, départemental et local ; les sièges de vos organisations. Les FFI, les Organisations de la Résistance, les Milices patriotiques connaissent leurs objectifs, Parisiens, Parisiennes, tous avec eux !

Impatience, fébrilité ou concurrence des diverses composantes de la Résistance, précipitation ou série de contretemps, difficultés des liaisons, certainement tout cela mêlé, des groupes ont déjà devancé cet appel, prenant possession de diverses mairies parisiennes dès le 18 août. Il en est de même pour la première occupation symbolique de "l'insurrection", avant l'arrivée des troupes alliées encore loin de Paris, la Préfecture de Police, située sur l'île de la Cité. Les policiers suivant le Front national de la police et le Nap-Police, mené par Yves Bayet, sont en grève depuis le 15 août. Il était prévu qu'une fois l'appel à l'insurrection décidé par le CNR et le CPL, il reviendrait en premier lieu au préfet de la Résistance, Charles Luizet, de donner l'ordre aux policiers d'assiéger la Préfecture. 

Dans la nuit du 18 au 19 août, 2.000 agents de police sont rassemblés ; rendez-vous est pris sur le parvis de Notre-Dame, à sept heures du matin, c'est-à-dire avant la proclamation de l'insurrection par le CNR et le CPL. Les agents insurgés entrent dans le bâtiment sans difficultés : le préfet Bussière est arrêté. Yves Bayet, rejoint un moment par Rol-Tanguy, organise la défense, dans la crainte d'une réaction des troupes allemandes. Après 11 heures le nouveau préfet, Charles Luizet, prend possession de la Préfecture et s'installe dans ses fonctions. Vers 14 heures, les Allemands, jusqu'à présent sans réactions, s'installent autour de la Préfecture, avec trois chars, et commencent à tirer. Des échanges de tirs se poursuivent tout l'après-midi, et s'intensifient ; les armes manquent, la situation s'aggrave malgré des tentatives de diversion effectuées autour de l'édifice par des FFI. Des ordres d'évacuation sont adressés par le CPL aux insurgés, qui n'ont que peu de chances face aux forces allemandes. Une courte trêve est alors négociée avec les Allemands par l'intermédiaire de Raoul Nordling ambassadeur de Suède. Au cours de la prise de la Préfecture et des fusillades qui ont suivi, 162 policiers sont tués, 576 blessés. 

 

Cécile Vast, "La prise de la Préfecture de Police" in DVD-ROM La Résistance en Ile-de-France, AERI, 2004