Brassard de l'OCM, Paris Xe

Légende :

Brassard de la section du Xe arrondissement parisien de l'Organisation civile et militaire (OCM)

Genre : Image

Type : Brassard

Source : © Collection Gilles Chapin Droits réservés

Détails techniques :

Dimensions totales : 82 X 400 mm
Partie tricolore 92 X 82 mm 
Lettres peintes , tampon de l'OCM de Paris X

Date document : 1944

Lieu : France

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Contexte historique

L'Organisation civile et militaire (OCM) naît en zone occupée, à la fin de 1940, de la fusion de deux groupes de résistants. L'un, dirigé par Maxime Blocq-Mascart, recrute chez les hauts fonctionnaires, les cadres supérieurs, les universitaires, les journalistes. L'autre, dirigé par Jacques Arthuys, se nourrit de contacts chez les militaires. Les animateurs de ce groupe sont, outre Arthuys, Pierre Lefaurichon, Jean Mayer, Bergeron et l'architecte Roger Souchère. Ce groupe est en contact avec Alfred Heurtaux, responsable du réseau Hector, qui va intégrer ses groupes dans ceux de l'OCM naissante. Arthuys prend la tête du mouvement. Il installe son PC chez lui, avenue Victor-Hugo, où il est aidé par sa secrétaire, Vera Obolensky.
Le premier état-major de l'OCM se compose d'Arthuys, chef du mouvement, Roger Souchère, chef d'état-major, Jean Mayer, responsable du premier et troisième Bureau, Alfred Touny, 2e bureau, et Blocq-Mascart pour les affaires civiles. Dans son travail du deuxième Bureau, le colonel Touny est secondé par Marcel Berthelot. Les premières activités du mouvement consistent en la recherche de renseignements à caractère industriel et militaire, la recherche et la dissimulation d'armes dans la perspective d'une action militaire. Des contacts sont pris avec d'autres mouvements notamment avec Jean Texcier, Henri Ribière et Jean Cavaillès de Libération-Nord. La première génération des chefs de l'OCM est rapidement décimée. Jacques Arthuys est arrêté le 22 décembre 1941. Il mourra en déportation en juillet 1943. Lefaurichon, arrêté en même temps que lui, est relâché en avril 1943, par manque de preuves.

L'OCM survit et se développe sous la houlette de Maxime Blocq-Mascart et du colonel Alfred Touny, figures de proue du comité directeur, chargés respectivement du bureau civil et du bureau militaire du mouvement. Deux nouvelles recrues viennent renforcer le comité directeur : Jacques-Henri Simon et Jacques Rebeyrol. Le colonel Touny amène aussi au mouvement d'autres recrues importantes : André Boulloche (par l'intermédiaire de Postel-Vinay) et son supérieur au service des Ponts et Chaussées de l'Aisne, Pierre Pène. Au début de l'année 1942, le général André Basse devient responsable des groupes paramilitaires de l'OCM.
En mars 1942, l'organisation entre en contact avec la Confrérie Notre-Dame, principal réseau du BCRA en France. Cette liaison est le fruit d'une rencontre fortuite entre Berthelot et Pierre Brossolette qui s'étaient connus à l'Ecole normale supérieure. Ils obtiennent ainsi une liaison radio régulière avec Londres, des armes et de l'argent. Touny développe le service de renseignement de l'OCM, le réseau Centurie, et le met au service du BCRA. Parallèlement, Blocq-Mascart travaille à faire connaître la doctrine politique du mouvement dans les Cahiers de l'OCM. L'essor du mouvement est considérable.

L'OCM épouse les cadres administratifs existants et forme six régions qui couvrent toute la zone occupée. A partir du printemps 1943, elle s'efforce d'encadrer et de ravitailler des maquis de réfractaires au STO, tenus en réserve pour le Jour J. On sépare rigoureusement le politique du militaire, l'action du renseignement, pour des raisons de sécurité.

En Ile-de-France, le rôle de l'OCM est considérable. L'industriel Pierre Lefaucheux rejoint l'OCM en octobre 1942 et fournit à l'organisation de nombreux et précieux renseignements sur la situation industrielle et sur la SNCF. Son épouse, Marie-Hélène, rejoint également l'état-major du mouvement. A la fin de l'année 1942, Pierre Lefaucheux amène à l'OCM Aimé Lepercq, président du Comité d'organisation des Houillères, qui va jouer un rôle actif dans le recrutement. Autre recrue importante : Marc O'Neill, officier d'active, chargé aussitôt du commandement de la région parisienne. Il avait pour adjoint, spécialement chargé de la banlieue parisienne, Léon Lanzemberg, et pour la ville de Paris, le commandant de Soultrait. A la tête du service de renseignement est placé un ancien officier, le capitaine Jean Rousseau-Portalis. En Seine-et-Marne, où l'OCM est représentée par Marc O'Neill, un groupe important agissait dans la région de Nemours. Lorsque O'Neill se détache de l'OCM pour fonder les Volontaires paysans et ouvriers (VPO), la plupart des groupes locaux de l'OCM le suivent.

Touny et Blocq-Mascart appuient les efforts d'unification de la Résistance en zone Nord lors de la venue de la mission Arquebuse-Brumaire, en fournissant de nombreux cadres et effectifs à l'Armée Secrète notamment, mais expriment de profondes réserves sur l'intégration des partis politiques traditionnels à la Résistance. Ils espèrent l'émergence d'élites nouvelles issues de la Résistance. Maxime Blocq-Mascart occupe un siège au bureau permanent du Conseil national de la Résistance où il représente l'OCM.

A mesure que l'action de la Résistance s'étend et que le débarquement allié approche, la répression se durcit. L'OCM n'est pas épargnée. Les coups les plus durs sont portés en septembre-octobre 1943 avec l'arrestation de deux chefs régionaux de l'OCM, André Grandclément dans le Sud-Ouest et Roland Farjon dans le Nord, de nombre de leurs agents, et la saisie de documents. Le SD et la Geheime Feld Polizei (police secrète de campagne de l'armée allemande) conduisent des enquêtes très rigoureuses qui aboutissent à l'arrestation de nombreux responsables du mouvement pendant l'hiver 1943-1944 (Obolensky, Simon, Rebeyrol, Berthelot...) et à celle du colonel Touny à Paris le 25 février 1944. La plupart périssent. Touny est fusillé à Arras avec une dizaine de membres de l'OCM. Blocq-Mascart (qui change sept fois de domicile d'août 1943 à août 1944) parvient à en réchapper et prend la tête du mouvement mais l'OCM, et en particulier le réseau Centurie, sont irrémédiablement diminués. Dans la région parisienne, le commandement de l'Armée secrète avait été confié presque essentiellement à des cadres de Ceux de la Libération. En décembre 1943, ce mouvement est quasiment anéanti à la suite de l'arrestation de la plupart de ses dirigeants, notamment Coquoin, commandant de la région P de l'AS. Le commandement est alors confié à Pierre Pène, membre du comité directeur de l'OCM, qui a pour adjoints Rol-Tanguy et le colonel de Marguerittes. Il s'efforce de réorganiser la région P en s'appuyant sur Lefaucheux, Lepercq et André Boulloche, récemment nommé DMR de la région P. A la suite de l'arrestation de Pène le 4 avril 1944, Pierre Lefaucheux est nommé chef FFI de la région P. Son chef d'état-major est le colonel Marc du Garreau (ORA). Lefaucheux fait un travail remarquable en parvenant à rassembler l'Organisation de Résistance de l'armée (ORA), Défense de la France, et Ceux de la Résistance. Grâce à Rol-Tanguy, il parvient aussi à rallier les FTP. Le 3 juin 1944, une réunion des chefs de secteurs de la région parisienne est organisée rue Lecourbe à Paris. Les neuf chefs présents avec Lefaucheux y sont arrêtés par les services allemands. Rol-Tanguy prend alors le commandement de la région P. Le département de la Seine est placé sous le commandement du colonel de Marguerittes ("Lizé"). Ce département en découpé en quatre secteurs FFI dont deux confiés à des membres de l'OCM : la zone Ouest à Bertrand et la zone Sud à Pierre Britsh (colonel "Dujardin").

Les groupes OCM de la région parisienne prennent une part active aux combats pour la libération de Paris. Sur la rive gauche, à titre d'exemple, le secteur Saint-Michel / Saint-Germain est placé sous le commandement de Jacques Pronteau, responsable de l'OCMJ et des FUJP. Le 23 août, Aimé Lepercq, qui vient d'être libéré de Fresnes, arrive à l'Hôtel de Ville avec le titre de délégué militaire régional. Après les combats de la région parisienne, un certain nombre de FFI, anciens de l'OCM, s'engagent au Blanc-Mesnil dans les unités de la 2e DB.


Sources et bibliographie : 
Jean Philippe Meyssonier, " L'Organisation civile et militaire " in CD-ROM La Résistance en France. Une épopée de la liberté, AERI-Montparnasse Multimédia, 1997. 
Arthur Calmette, L'Organisation civile et militaire. Histoire d'un mouvement de Résistance de 1940 à 1946, Paris, PUF, 1961.