Brassard de Pierre Lambert, Compagnon de la Libération

Légende :

Brassard utilisé par Pierre Lambert lors de la libération de Lyon

Genre : Image

Type : Brassard

Source : © Musée de l’Ordre de la Libération Droits réservés

Détails techniques :

Brassard en soie.
Dimensions : 11 x 36 cm

Date document : Août 1944

Lieu : France - Auvergne-Rhône-Alpes (Rhône-Alpes) - Rhône - Lyon

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Analyse média

Brassard tricolore à bandes horizontales sur lequel a été cousu un écusson tricolore avec une croix de Lorraine brodée en son centre.


Contexte historique

Pierre Lambert est né le 2 février 1901 à Paris. Après son service militaire en occupation en Allemagne et en Turquie, il adhère à la SFIO dès 1924 et y joue un rôle important, notamment comme membre de la commission administrative permanente, organe directeur du Parti socialiste. Fonctionnaire des finances, il est mobilisé en 1939 et, dès septembre, part pour la Lorraine. Il prend part aux combats et est démobilisé fin juillet 1940. Il reprend son emploi de directeur-adjoint au service de presse du ministère des Finances où il commence son action résistante.

Refusant la capitulation (il avait été antimunichois), il s'emploie, dès août 1940 à organiser, avec quelques amis socialistes (Jacquet, Ribière, Nordmann, etc.) l'action clandestine dans la région parisienne. Par les tracts qu'il rédige et fait distribuer, il contribue à l'organisation de la manifestation des étudiants et des lycéens du 11 novembre 1940 à l'Arc de triomphe à Paris. Révoqué de ce fait par Vichy en décembre 1940, il est l'objet d'un mandat d'amener de la Gestapo. Pour y échapper, il entre dans la clandestinité et se replie en zone libre où il continue son action tout en exploitant une petite propriété agricole pour pouvoir vivre (d'où son pseudonyme de Le Maraîcher).
En mars 1941, à Nîmes, il participe à la réunion constitutive du Comité d'Action socialiste (parti socialiste clandestin) avec Daniel Mayer, Félix Gouin et Suzanne Buisson notamment. Membre du Comité directeur du CAS, il parcourt la France sans cesse et diffuse la presse clandestine. Il participe en outre à des embarquements clandestins sur des sous-marins de personnes recherchées dans le cadre du réseau Lucas, futur réseau Brutus. De décembre 1942 à juin 1943, il recueille des informations militaires (cantonnement des troupes, importance des convois) pour les groupes du réseau "action" Veny.

En juillet 1943, après l'arrestation de Jean Moulin, il est chargé, à Lyon, du secrétariat de la Délégation générale en zone sud en remplacement de Tony de Graff. Sous l'impulsion de Pierre Lambert, ce secrétariat devient un organe essentiel de la Résistance. Il fait réceptionner et répartit des fonds et des armes en provenance de Londres, reçoit les chargés de missions militaires à qui il doit apporter sécurité et moyens d'agir (faux papiers, logement, intendance) ; il coordonne également l'action des divers mouvements de résistance et le départ vers Londres ou Alger de personnalités comme André Le Troquer ou Vincent Auriol qu'il héberge chez lui quelque temps. La multiplicité des contacts qu'il doit prendre lui faisant courir beaucoup de risques, il devra changer souvent de pseudonyme. Il sera successivement pour Londres Talleyrand et Jourdain et en France Le Maraîcher, L'Huissier, Berliet, Faure, Verrier. Il travaille à cette époque en étroite liaison avec Jacques Bingen, Délégué du Comité français de la Libération nationale (CFLN) en zone sud.

En décembre 1943, Pierre Lambert est rappelé à Paris pour diriger le secrétariat de la Délégation générale sur le plan national. Début juin 1944, après l'arrestation du délégué général de zone sud, Jacques Bingen, il assure son intérim à la demande du délégué général, Alexandre Parodi. Il partage cette fonction avec Jacques Baumel jusqu'à l'arrivée du nouveau délégué de zone sud, Jacques Maillet. Pierre Lambert dirige le secrétariat de la délégation générale jusqu'à la libération de Lyon où, avec Yves Farge, Commissaire de la République, il prend possession de la Préfecture.

Nommé préfet à la Libération, il est successivement attaché aux cabinets des ministres de l'intérieur Tixier, Le Troquer et Depreux. Pierre Lambert est ensuite, de 1946 à 1953, préfet de Saône-et-Loire où il impulse le redressement du département durement touché par la guerre dans ses infrastructures économiques et industrielles. Préfet d'Oran en 1953, il est nommé en 1956, inspecteur général de l'Administration en mission extraordinaire (IGAME) pour les départements de la région d'Oran. Il fait face avec réactivité et autorité aux attentats qui se développent sur ce territoire. Nommé préfet de la Haute-Vienne en 1959, il prend sa retraite en 1961.

Pierre Lambert est décédé le 30 novembre 1973 à l'Hôpital Ambroise Paré à Boulogne-sur-Seine (92). Il est inhumé au cimetière parisien de Thiais.


Site internet du Musée de l'ordre de la Libération, consulté le 18 avril 2016