"La presse clandestine paraît au grand jour"

À la fin de l'année 1943 est fondée la Fédération nationale de la Presse clandestine (FNPC), dont le "bureau permanent" présidé par Albert Bayet est chargé de préparer la sortie des journaux au moment de la libération du territoire et d'organiser ensuite la presse libre. En étroite liaison avec la Commission de l'Information du CNR présidée par Pierre Hervé, ainsi qu'avec le Comité parisien de la Libération, une liste de journaux clandestins destinés à paraître au grand jour est établie. Elle désigne des journaux "autorisés à paraître à Paris, en raison de leur activité dans la clandestinité ou de leur attitude patriotique à l'égard de l'ennemi". L'Humanité, L'Aube, Le Populaire et Ce soir sont les journaux d'avant-guerre autorisés à reparaître. Ceux issus de la presse clandestine sont : Combat, Franc-Tireur, Défense de la France, Libération, France libre, Front national et le Parisien libéré.

La presse collaborationniste cesse de paraître le 18 août. Le même jour, les journaux collaborationnistes, La Gerbe rue des Pyramides, Je suis partout, rue de Rivoli, L’Intransigeant, rue Réaumur sont occupés. Le 20, les rédacteurs des journaux de la Résistance occupent leurs locaux. Ce Soir, Le Front national pour la lutte, la libération et l'indépendance de la France, Libération se partagent l’immeuble de Paris-Soir, rue du Louvre ; CombatFranc-TireurDéfense de la France, celui de L’Intransigeant ; Le Populaire et Libération s’installent dans celui du Matin, à l’angle du boulevard Poissonnière et de la rue du Faubourg-Poissonnière et L’Humanité dans celle du Petit Parisien, rue d’Enghien. Dans la soirée du 21 août, Alexandre Parodi, ministre des territoires occupés, donne l’autorisation aux journaux de la Résistance de paraître au grand jour.

Les résistants de la radio se trouvent déjà dans la place au 37, rue de l’Université. Dès 1942, Pierre Schaeffer a fondé un studio d’essai destiné à tester de nouvelles émissions et former des techniciens. Il a également rassemblé pour le jour de la libération, des disques enregistrés, chants nationaux, musique interdite. Il a été renvoyé par Philippe Henriot, ministre de l’Information du gouvernement de Vichy mais son équipe est restée. Dans la nuit du 20 au 21 août, le central de radio-diffusion, rue de Grenelle est occupé. Le poste y a été laissé en bon état. Les émissions clandestines sont diffusées. L’appel aux armes est diffusé par radio. Le 23 août dans l’après-midi, Pierre Crénesse diffuse son premier reportage en direct. Au studio d’essai de la rue de l’Université, la voix de la nation française se fait entendre par l’intermédiaire de Pierre Schaeffer dès le début de l’insurrection. Les reportages ont été diffusés en direct : le discours de Bidault à l’Hôtel de Ville, le 25 août au soir, l’entrée de la 2e DB, le défilé. La BBC n’a plus le monopole des messages. Le drapeau tricolore flotte sur l’antenne de la tour Eiffel.

Auteur(s) : Cécile Vast et Christine Levisse-Touzé
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Sources : DVD-ROM La Résistance en Ile-de-France, AERI, 2004 et Paris insurgé, Paris libéré

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