La France libre est africaine

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Les territoires du Pacifique haut ▲

Dans les colonies du Pacifique, les Nouvelles-Hébrides, condominium franco-britannique répondent naturellement à l’appel de Londres. De même Tahiti rejoint le camp gaulliste de manière démocratique à l’issue d’un referendum organisé par l’administration locale. Grâce à l’action énergique de l’Amiral Thierry d’Argenlieu, la Nouvelle-Calédonie se range sous l’autorité de la croix de Lorraine en septembre 1940.

Les premières campagnes militaires haut ▲

Depuis ses bases africaines, la France libre participe aux côtés des Alliés à la guerre du désert qui se développe contre les possessions italiennes en Afrique du Nord. Profitant de la défaite de la France, les Italiens occupent depuis août 1940 le Somaliland. En septembre, ils pénètrent en Égypte à partir de la Libye, mais doivent stopper leur attaque, devant les difficultés de ravitaillement. Une puis deux compagnies du bataillon d’infanterie de marine (BIM) sont engagées aux côtés des forces britanniques, qui lancent une contre-offensive le 9 décembre. Après la victoire de Sidi Barrani, le BIM participe, en janvier 1941, à la prise de Bardia et de Tobrouk, où il enlève cinq blockhaus et capture 850 Italiens. 

À l’ouest, un corps expéditionnaire franco-britannique parti d’Angleterre tente de rallier Dakar, du 23 au 25 septembre 1940. Rejetant les tentatives conciliatrices des Français libres, les forces vichystes répondent par les armes, contraignant la flotte à se retirer. En novembre, une force sous les ordres du lieutenant-colonel Leclerc s’empare du Gabon, unifant les possessions d’Afrique équatoriale française. À l’est, la brigade française d’Orient, commandée par le colonel Monclar, se regroupe au sud du Soudan pour attaquer la province érythréenne de l’Africa orientale. Le 2 janvier 1941, l’escadron de spahis marocains du capitaine Jourdier, évadé du Liban six mois plus tôt, mène victorieusement l’une des dernières charges au sabre de l’histoire de la cavalerie française à Umbrega, lors d’une reconnaissance dans les lignes ennemies. Le 23 février, les tirailleurs saras du bataillon de marche n° 3, venus du Tchad, s’emparent du fort italien de Kub-Kub, après de durs combats en terrain montagneux, en dépit du relief, de la chaleur et de la soif. Puis, le 27 mars, Keren tombe, après des semaines de combat, préparant la chute de l’Érythrée.

Au Tchad, Leclerc, nommé commandant des troupes en décembre 1940, organise une guerre de raids à travers le désert en direction des oasis italiens du Fezzan, au sud de la Libye. Après l’attaque, le 11 janvier 1941, par une force franco-britannique de l’aérodrome de Mourzouk, où le lieutenant-colonel Colonna d’Ornano trouve la mort, Leclerc lance une colonne d’une centaine d’Européens et de 250 méharistes et tirailleurs sénégalais contre le fort de Koufra, à 1 700 km au nord de Fort-Lamy. Partie de Faya-Largeau le 26 janvier, la colonne atteint l’oasis le 18 février, et affronte la compagnie saharienne de Koufra, une unité motorisée italienne. Après avoir réussi à la mettre en fuite, Leclerc et ses hommes assiègent le fort El Tag, en essayant de faire nombre, pour masquer leurs maigres moyens. Le 1er mars, après dix jours de combats, les assiégés capitulent, persuadés de la supériorité de l’adversaire, qui ne dispose pourtant que d’un canon de 75 et d’un mortier de 81. Le lendemain, les couleurs sont hissées dans la cour du fort ; c’est le serment de Koufra, par lequel Leclerc et ses hommes jurent de poursuivre la lutte jusqu’à ce que le drapeau français flotte à nouveau sur la cathédrale de Strasbourg.