Les organisations pionnières en région parisienne

Dès l'été 1940, des initiatives dispersées se manifestent un peu partout en zone occupée sous la forme d'inscriptions tracées à la hâte, d'affiches allemandes lacérées, de papillons et de tracts confectionnés, de sabotage de lignes téléphoniques. Très vite, les premiers noyaux d'opposants se forment. Ces cellules, qui prennent corps le plus souvent en s'appuyant sur des réseaux de sociabilité pré-existants, ne rassemblent au départ que quelques individus mais fleurissent tant à Paris qu'en province. Elles s'adonnent dès leur naissance à des activités variées qui vont de la collecte de petits renseignements militaires à l'évasion de prisonniers de guerre en passant par une propagande très rudimentaire, confectionnée avec des moyens dérisoires. Dès la fin 1940 déjà, des organisations pionnières portent des projets plus ambitieux. La principale organisation qui se développe en zone occupée à partir de l’automne 1940 est celle du Musée de l’Homme à Paris et ses ramifications tel que le groupe Vérité Française.

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Le réseau dit du Musée de l'Homme haut ▲

La principale organisation qui se développe en zone occupée à partir de l’automne 1940 est celle du Musée de l’Homme à Paris. Elle montre le rôle des sociabilités développées avant-guerre dans l’émergence de la résistance pionnière. Constitué autour du linguiste Boris Vildé, ce groupe agrège autour de lui d’autres noyaux naissants de résistants : des avocats rassemblés autour de Léon-Maurice Nordmann, un cercle d’écrivains formé par Jean Cassou et Agnès Humbert, une organisation d’aide aux prisonniers de guerre évadés dirigée par le colonel Hauet et l’ethnologue Germaine Tillion. Cette « nébuleuse » du Musée de l’Homme illustre le passage d’actions individuelles à une première forme d’organisation collective. Elle montre également les tâtonnements qui caractérisent les débuts de la Résistance. Les règles de la clandestinité ne sont pas systématiquement appliquées et les différentes activités ne font pas encore l’objet de cloisonnements, comme ce sera le cas par la suite avec une séparation nette entre les mouvements et les réseaux.

La Vérité française haut ▲

Ce qui se passe autour du musée de l'Homme n'est pas un cas isolé ; ailleurs, des dynamiques comparables s'enclenchent et débouchent sur d'autres rapprochements. Ainsi, Maurice Dutheil de La Rochère, colonel en retraite septuagénaire, monarchiste et patriote intransigeant, regroupe lui aussi des équipes actives à Paris, Versailles, Soissons, Compiègne, Sens et Blois. Le groupe Vérité Française en particulier, dont Jean de Launoy et Julien Lafaye sont les inspirateurs, se place dans son orbite.
Les activités du groupe sont très diverses. Leur but est de favoriser la Résistance sous toutes ses formes : recueillir des prisonniers évadés, guider leur passage en zone libre, cacher des réfractaires, organiser des dépôts d'armes (en particulier à Soissons) et enfin créer un périodique clandestin intitulé Vérité française.
Le 25 novembre 1941, au moment où les Allemands pensent ne plus rien ignorer de l'organisation, 80 arrestations sont opérées tant à Paris qu'à Soissons. Cette vague d'arrestations met fin à l'organisation.

Valmy haut ▲

En septembre 1940, Jules Bellaz, Paulin Bertrand (Paul Simon dans la clandestinité), Raymond Burgard, Alcide Morel et André Vellay se réunissent et décident de rentrer immédiatement dans la résistance active "pour sauver la démocratie". En janvier 1941 paraît le premier numéro de Valmy, tiré à l’aide d’un composteur à 17 cases.

Pantagruel haut ▲

Apparu en octobre 1940 à Paris, Pantagruel appartient à ces premiers journaux clandestins diffusés aux tout débuts de l'Occupation dans la zone nord, et qui ont pour la plupart disparu entre 1941 et 1942 (ArcRésistanceValmy).

Maintenir haut ▲

Le groupe Maintenir est fondé en septembre 1940. C'est en effet cette date que Claude Bellanger, l'un de ses fondateurs, avance au sujet d'une première réunion entre quelques hommes, à l'initiative d'Alfred Rosier. Décidés à agir contre l'occupant, ils sont animés, selon Claude Bellanger, d'une foi patriotique et d'une attitude de refus. De fait, le groupe qui va naître constitue de 1940 à 1943 une entité résistante originale, sorte de plaque tournante en raison de ses contacts multiples avec diverses formations et de la diversité de ses activités.