Libération

Cette partie de l'exposition est encore incomplète, les travaux étant actuellement en cours. Cependant, nous avons décidé de porter à votre connaissance certains textes introductifs et bon nombre de notices documentaires en relation avec la Libération de la région. 

Auteur(s): Equipe PACA

Plan de l'expo

Crédits

Bibliographie

Vers la Libération haut ▲

La Libération est annoncée, de manière tragique, par les bombardements alliés meurtriers qui touchent, depuis la fin mai 1944, un grand nombre d’agglomérations de la région. Mais, dans le Midi, la période de la Libération commence, pour les organisations de Résistance, en juin 1944. Celles-ci croient qu’un débarquement sur les côtes méditerranéennes va suivre celui de Normandie et répondent à l’ordre de mobilisation générale. On assiste alors à une véritable montée au maquis qui est férocement réprimée par les Allemands. Après deux mois d’un été terrible qui voit la Résistance se diviser et être décimée par des massacres, la véritable Libération commence avec le débarquement sur les côtes varoises, le 15 août 1944.

Auteur(s) : Equipe PACA

Le débarquement de Provence haut ▲

Le débarquement tant attendu des Alliés sur la côte méditerranéenne a finalement lieu le 15 août 1944. Cette opération doit permettre la destruction de la 19e armée allemande, d’entamer la libération du territoire et de récupérer les ports de Toulon et Marseille pour le ravitaillement des troupes. Tout au long de cette opération, de la préparation du débarquement à la libération des villes, la Résistance provençale apporte un soutien précieux aux Alliés.

En effet, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur fait partie de celles qui ont connu des insurrections urbaines avant l’arrivée des troupes libératrices, à Marseille, Toulon, Nice, mais aussi dans nombre de localités plus petites comme Draguignan ou Arles. Les FFI ont également participé à la destruction des voies de communication préparant l’opération Dragoon, guidé les troupes débarquées dans leur avancée et harcelé l’occupant.

Auteur(s) : Equipe PACA

Libération des villes haut ▲

La libération de la région s’effectue au fil de la progression des troupes débarquées et des actions de la Résistance intérieure. Celle-ci multiplie les sabotages, les actions de guérilla et déclenche des insurrections urbaines. Ces deux éléments se combinent, de manière différenciée, selon les jours et les localités, avec le repli des troupes allemandes : le 18 août, Hitler ordonne le décrochage vers le Nord de la 19 e armée, dont il craint qu’elle ne soit prise en ciseaux. Draguignan est libéré le 16 août, Digne le 19 août, Gap le 20 août, Apt le 22 août, Arles le 24 août, Avignon le 25 août. 
Mais des contre-offensives allemandes permettent la réoccupation de villes haut-alpines comme Briançon, libérée définitivement le 6 septembre. Sur le littoral, les garnisons allemandes de Toulon et Marseille constituent deux points de fixation : ordre leur a été donné de demeurer en place et de se battre jusqu’à la dernière cartouche. C’est dans ces deux villes qu’ont lieu des batailles meurtrières et décisives qui se terminent par la capitulation allemande le 28 août 1944. Nice, aux mains de la Résistance dès le 29 août, accueille les troupes de Libération le lendemain. 
La quasi-totalité de la Provence est alors libérée, avec près d’un mois d’avance sur les prévisions de l’état-major allié. Mais les Allemands s’installent solidement dans les Alpes, dans des poches le long de la frontière italienne. Ils n’en seront délogés qu’en avril 1945.

Auteur(s) : Robert Mencherini

La poursuite des combats sur les Alpes haut ▲

Si la majorité des villes provençales est libérée en moins de quinze jours, des poches de résistance allemandes persistent dans les Alpes et sur la frontière italienne jusqu’en avril 1945.

En effet, lorsque la dernière ville littorale fut libérée (Menton, 6 septembre 1944), les Allemands occupaient encore une grande partie de la frontière italienne (crêtes du Mercantour de la Haute-Tinée à la Haute-Roya) et de ses contreforts (massif de l’Authion précédé par les cols de Turini, de Braus et de Castillon).

Les parachutistes alliés remontèrent dans les vallées, sécurisant la Tinée avec le 551e bataillon et la Vésubie avec le 509e bataillon (empêchant pratiquement les chasseurs tyroliens et bavarois d’effectuer des raids jusque dans les villages de Saint-Etienne-de-Tinée, Isola, Saint-Sauveur, Valdeblore, Saint-Martin-Vésubie, Belvédère), tandis que le 517e bataillon se heurtait aux unités de la 34. Infanterie-Division sur les abords du col de Braus et que les Canadiens de la 1st Special Service Force tentaient de prendre le col de Castillon. Ces derniers combats allaient durer jusqu’au 28 octobre, date du retrait allemand de Moulinet et Sospel après avoir opéré des destructions aux voies de communication. Cette bataille pour la conquête de la cuvette de Sospel coûta la vie à 78 parachutistes américains et à 162 grenadiers allemands, ces derniers laissant aux mains des vainqueurs 478 prisonniers ; quant aux Sospellois, ils perdirent 56 tués au cours des duels d’artillerie, 686 immeubles se retrouvant sinistrés.

Le 29 octobre, les Allemands (qui avaient déporté à Cuneo 454 Moulinois le 29 septembre) déportèrent à Turin 1 003 habitants de Breil-sur-Roya (désormais en première ligne), opération qu’ils poursuivirent du 13 au 17 décembre avec 401 habitants de Fontan et 359 de Saorge, soit plus de deux mille évacués de force au Piémont. Les Américains ne démontrant aucune volonté de déloger les Allemands de la vallée de la Roya, le front se figea du col de Brouis à l’Authion, progressivement miné par les défenseurs du GR 107.

À la même époque, l’ancien chef départemental des FFI, le commandant Lécuyer-Sapin, constitua avec les FFI azuréens volontaires pour l’engagement dans l’armée française pour la durée de la guerre une unité originale, le Groupement Alpin Sud dont les sept petits bataillons furent formés à Cannes (Riviera 18 et Riviera 25), Antibes (Estérel 9 et Estérel 12), Nice (Haute-Tinée 74), Villefranche (Corniche 24) et Menton (Corniche 22), déployés le long de la frontière à  la disposition tactique des troupes alliées, accomplissant de nombreuses patrouilles profondes et subissant des bombardements depuis les cimes fortifiées par les Italiens dans les années trente, perdant 22 tués, 27 blessés et 16 prisonniers dont trois furent fusillés à Centallo.

Cette unité, équipée de façon hétéroclite mais disposant d’un moral très élevé, se transforma en 3e RIA le 1er mars 1945, mis à la disposition tactique de la 1e DFL lors de son arrivée dans les Alpes-Maritimes du 8 au 15 mars pour assurer la relève des troupes américaines et ensuite forcer les positions ennemies afin de libérer les dernières portions de territoire national encore occupées lors des combats de l’Authion.

Le général de Gaulle avait donc rappelé d’Alsace la division la plus gaulliste afin de lui confier la tâche délicate d’attaquer un secteur montagneux et fortifié ouvrant la route du col de Tende, voire de la plaine du Pô et du col du Brenner. L’offensive fut déclenchée le 10 avril (lendemain du célèbre discours du chef du GPRF à Nice : « Le vent de la Victoire souffle sur nos Alpes et va bientôt les dépasser ») à la fois sur le Mercantour au nord (3e RIA), l’Authion au centre (1e DFL et 29e RTA), le Mentonnais au sud (18e RTS, BM 5) dans des conditions climatiques difficiles et face à une opposition acharnée des fantassins de la 34. ID. Breil fut libéré le 15, Saorge le 24, Fontan le 25, les villages italiens de Tende et la Brigue étant atteints le 26, tandis que les villages des vallées de la Stura et de la Vermegnana étaient occupés du 26 au 29, date à laquelle les Américains imposèrent l’arrêt de la progression française au Piémont à hauteur de Borgo San Dalmazzo puis le rapatriement en territoire français à partir du 9 mai. Les dégâts matériels furent considérables dans la vallée de la Roya avec 42 ouvrages d’art détruits par l’ennemi au cours de sa retraite, des centaines d’immeubles étant sinistrés et pillés. Les pertes humaines furent conséquentes pour une quinzaine de jours de combats : 273 tués, 728 blessés et 12 prisonniers pour la 1e DFL, 14 tués, 24 blessés et 44 prisonniers pour le 3e RIA, 121 tués, 482 blessés et 242 prisonniers pour la 34. ID, 5 tués, 26 blessés et 155 prisonniers pour la division fasciste Littorio. Le village de L’Escarène accueillit un cimetière provisoire de la 1e DFL, devenu en 1960 un mausolée inauguré par le général de Gaulle.

Auteur(s) : Jean-Louis Panicacci
Source(s) :

Pierre-Emmanuel Klingbeil, Le front oublié des Alpes-Maritimes (15 août 1944-2 mai 1945), Nice, Serre éditeur, 2005

Jean-Pierre Martin, La libération de la Provence, Saint-Avertin, Editions Alan Sutton, 2014

Conseil général des Alpes-Maritimes, 1944-2014. Libération des Alpes-Maritimes, Nice, 2014

Pascal Diana et Jean-Michel Sivirine, 1945-2015. L’Authion pour mémoire(s), Saint-Martin-Vésubie, Les éditions de l’Amont, 2015

Musée de la Résistance Azuréenne, Le 3e RIA dans les combats libérateurs du printemps 1945, Documents, Témoignages, Recherches N° 35, 2015.