"Appels à manifester dans toute la France"

La manifestation des lycéens et étudiants à Paris à l’occasion du 11 novembre 1940, alors que les Allemands avaient interdit toute commémoration de l’armistice de 1918, marque un tournant quant aux rapports entre les premières organisations résistantes et la société française. Bien que gaullistes et communistes aient par la suite essayé de « récupérer » cet événement en expliquant qu’ils en avaient été les initiateurs, la manifestation du 11 novembre a d’abord été une initiative spontanée d’une partie de la jeunesse française soucieuse d’exprimer son attachement aux valeurs patriotiques. Alors que les premiers résistants pouvaient avoir le sentiment d’être isolés et en décalage par rapport au reste des Français, ils découvrent à la faveur de cette manifestation qu’il existe un état d’esprit patriotique et anti-allemand dans le pays susceptible d’être favorable à leur action. À Londres également, les Français libres saisissent tout le symbole que représente cette manifestation du 11 novembre. Ils comprennent que les consignes données sur la BBC pour appeler les Français à manifester leur solidarité à l’égard de la cause de la Résistance peuvent être largement suivies dans le pays. De fait, la BBC mais aussi les journaux clandestins de la Résistance intérieure appelleront désormais les Français à manifester à l’occasion de dates symboliques comme le 1er janvier, la fête de Jeanne d’Arc, le 1er mai, le 14 juillet ou le 20 septembre (victoire de Valmy). Dès 1941, ces appels seront entendus, même si ces manifestations patriotiques n’auront pas encore l’importance qu’elles revêtiront en 1943 ou 1944. Elles n’en témoignent pas moins, dès la première année de l’Occupation, d’un état d’esprit frondeur favorable à la Résistance dans de nombreuses couches de la société française.

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