"Les arrestations de l'été 1944"

En 1944, les résistants de la zone Sud préparent la Libération du territoire et multiplient les actions. Des Comités départementaux de libération (CDL) sont constitués. Après le débarquement des troupes alliées en Normandie, la répression menée par l’armée allemande, le SIPO-SD (la Gestapo) et la Milice s’intensifie, notamment en direction des maquis créés en juin dans la région provençale et de leurs inspirateurs.

Au-delà des interventions militaires massives contre les maquis, les arrestations individuelles de résistants se multiplient. Le 2 juin 1944, Maurice Lévy, Vallin, du réseau Jacques de l’Office of Strategic Services (OSS) est interpellé dans le Gard, à Nîmes et transféré une semaine plus tard à Marseille. Le 13 juin 1944, le notaire André Wolff, qui aide les maquis et abrite des déserteurs alsaciens-lorrains, est arrêté à Lançon (Bouches-du-Rhône). Le 17 juin à Marseille, c’est le tour d’Albert Chabanon, Valmy, dirigeant de l’Organisation universitaire (OU) des Mouvements unis de Résistance (MUR) - devenus Mouvement de Libération nationale (MLN) - et créateur de leur journal clandestin Le Marseillais. Le 19 juin, les hommes de la Gestapo remettent la main, à Aix-en-Provence, sur un agent des services spéciaux, qui leur a échappé une première fois, Pierre-Jean Lafforgue, Philippe, en lien direct avec Alger. Ces résistants, conduits à Marseille, au siège du SIPO-SD, 425 rue-Paradis, sont durement interrogés, puis incarcérés aux Baumettes, jusqu’à leur exécution à Signes le 18 juillet ou le 12 août 1944 (pour André Wolff).

D’autres résistants, arrêtés pendant l’été 1944, partagent leur sort. Dans les faits, ils constituent trois groupes différents, bien que des relations s’établissent nécessairement entre eux. Un premier groupe, dont les membres sont arrêtés à partir du 11 juillet 1944 à Marseille, est constitué par des responsables des divers services des Mouvements unis de Résistance-Mouvement de Libération nationale (MUR-MLN). Un second est arrêté le 16 juillet à Oraison (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence) à l’occasion d’une réunion du CDL des Basses-Alpes. Un troisième groupe gravite autour de la mission interalliée, dont les membres ont été parachutés ou débarqués en Provence, pour préparer les actions du débarquement. Ils sont interpellés à des dates et dans des lieux divers de la région depuis Marseille, jusqu’à Saint-Tropez. Ces résistants parcourent tous le même chemin, depuis les interrogatoires et tortures au 425 rue-Paradis, jusqu’à l’exécution dans le vallon de Signes, en passant, pour la plupart, par la prison des Baumettes.

Auteur(s) : Laetitia Vion et Robert Mencherini

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